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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 10:57

Dans les villages Bamilékés, on distingue généralement deux clans de notables. D’abord les 7 : ils sont nés du souci de la décentralisation. Dans les temps anciens, à la base de chaque village nouvellement créé, 7 personnes éminemment reconnues pour leur charisme et leur pouvoir spirito-traditionnel devaient être désignées et être sacrées et intronisées comme sous-chefs. Ceci pour aider le commandement du Chef supérieur dans le village ; lequel de ce fait était divisé en quartiers. Nous pouvons dire alors qu’initialement, tous les Chefs traditionnels appartiennent d’abord au clan des 7 notables, dont le Chef supérieur est leur chef hiérarchique.

Il y a une autre lignée des 7 notables qui, eux, sont des Sous-chefs traditionnels sacrés et intronisés mais qui n’ont pas de territoire de commandement. Ils sont cependant sont tous égaux sur le plan traditionnel dans le clan des 7. On compte enfin la catégorie des notables cooptés pour gonfler l’effectif dans la loge des 7, et qui sont souvent au service des Sous-chefs traditionnels. Ils siègent du côté bas dans la Chambre secrète.

De toutes ces catégories des 7 notables, y compris les cooptés, il y a un rite spécial traditionnel qu’il faut passer avant de franchir le seuil de leur porte. Exactement comme le signe de la croix chrétienne et la génuflexion qui sont obligatoires pour tout chrétien baptisé, à l’entrée et à la sortie de l’église. Cette chambre des 7 notables s’appelle le Ka’a beum.

Enfin, cette catégorie de notable constitue les faiseurs de Roi, car ce sont les 7 notables Sous-chefs, qui sacrent et intronisent tout Chef supérieur.

Le clan des 9 notables, quant à lui, est généralement constitué des Grand- enfants de la chefferie (les frères du Chef) cooptés dans ce cadre là et dont le Fô se sert pour assurer sa sécurité de peur d’un éventuel coup d’État. Ils ont aussi un rite spécial avant d’entrer dans la chambre des 9 notables. Ce rite s’appelle le Pè gouop.

Au commencement, tous ces groupes là étaient véritablement au nombre de 7 et de 9. Mais ces chiffres sont désormais purement indicatifs. En effet, avec la démographie galopante, il a bien fallu augmenter leur nombre et voire même éclater d’autres entités pour mieux décentraliser la gestion du royaume. Autrement dit, il y a de nos jours plus de 7 ou 9 membres par clan. Un peu comme on augmenterait le nombre de Parlementaires dans la société moderne. Mais en gardant le nombre symbolique de départ.

Ces deux clans vont toujours de paire dans les rites traditionnels appropriés. On ne peut donc en aucun, cas parler des 7 notables sans parler des 9 notables.

En dernier ressort, il y a des personnes de classe exceptionnelle qui, de par leur lignée traditionnelle, siègent dans les clans des 7 et des 9 notables à la fois. Toutefois, ces deux cas sont assez rares.

En guise de conclusion, la vie des Fô repose bel et bien entre les mains des 7 et des 9 notables sur le plan traditionnel ; parce qu’après tout, il s’agit des cercles assez…vicieux.

Mgr Tau Abrakas
Archevêque Gnostique
Chef Coutumier
Bafoussam – Cameroun

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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