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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 23:14

Alors que la campagne caféière 2019-2020 démarre, de nombreux producteurs sont dans l’expectative ; coincés entre les promesses gouvernementales en matière de commercialisation du café et la réalité sur le terrain.

Alors que ceux-ci s’attendaient à une remontée des prix sur le marché ; c’est avec une déception indescriptible que les uns et les autres vivent cette triste réalité ; même le passage de L’ex MINEPAT Louis Paul Motazé  dans le Moungo et la création de l’agropole n’ont toujours rien apporté; et on peut déjà se poser la question sur l’impact du projet New génération en faveur des jeunes dont l’objectif vise l’implication d’une bonne franche de la jeunesse  dans la filière café-cacao afin de contribuer à l’amélioration de la production et de la commercialisation du café dans notre pays. Vendu fin mai 2018 à 620 F le Kg, c’est à peine que les producteurs ont pu gérer les charges liées à leur exploitation en 2019 et cette année le prix est autour de 300 F/kg.

Une dégringolade des prix qui donne matière à réflexion. Le Cameroun est signataire de  l’accord international sur le café, accord qui vise à favoriser le développement durable de ce secteur pour le bien de tous les acteurs .Ce concept de durabilité se définit sur la base de trois piliers : économique, social et environnemental afin de rendre la filière plus attractive .Ainsi, la caféiculture doit être économiquement viable pour le producteur et lui assurer de meilleures conditions de travail et de vie…Cependant, pendant que l’Etat s’évertue à vouloir continuer à s’immiscer dans la filière avec une pléthore de programmes pas ou peu connus du grand public ,la chute de la production laisse pantois ,de plus de 155 000 tonnes il y a 30 ans ,la production est passé en 2016  à environ 21 000 tonnes…même si on note un léger embellit par rapport à 2014 où  le compteur affichait 16000 tonnes, et on s’interroge sur le rôle trouble que joue ce ministère en faveur des producteurs de café.

Même si de nouveaux modèles de consommation ont vu le jour, accordant ainsi une importance croissante aux cafés spéciaux, au commerce équitable, au café biologique ; des bars dits « à café » se sont multipliés dans certains pays, ces bars vendent une ambiance  dans la société et on peut noter avec satisfaction les efforts faits par certains torréfacteurs dans ce sens et surtout le point de dégustation de l’UCCAL à Nkongsamba qui contribue à sa manière à promouvoir la consommation du café ; ne serait pas judicieux d’en multiplier afin non seulement  d’accentuer la vulgarisation mais intéresser davantage les populations afin qu’elles se détournent un petit peu de la bière ?Le marché du café a ainsi connu une révolution, ce qui a permis aux consommateurs de choisir désormais parmi plusieurs combinaisons de café, selon leur variété, leur origine, leur méthode de préparation et de moulure, leur arôme, leur conditionnement, etc. Pendant ce temps, les prix du café au détail continuent d’augmenter sur les marchés, du coup, les torréfacteurs perçoivent des marges de plus en plus importantes alors que les producteurs eux, reçoivent des prix inférieurs aux coûts de production…comment est-ce possible ? Au regard de ce qui précède, on constate que la chaîne de valeur mondiale du café est aujourd’hui caractérisée par un paradoxe ; un boom du marché dans les pays consommateurs et une crise dans les pays producteurs. Les uns et les autres se questionnent déjà sur la nécessité de continuer dans la production de cette spéculation alors que l’avenir reste mitigé. Il est temps pour le gouvernement au moment où les jeunes sont orientés vers l’agri business de faire une réflexion profonde dans la pérennisation de ce secteur d’activité. Aussi, les coopératives et autres organisations paysannes, doivent s’investir davantage et cesser de constituer des blocages dans l’exercice de l’activité du producteur pour être de véritables structures d’accompagnement afin de rendre le producteur de café plus dynamique, professionnel et autonome…Aussi les candidats aux prochaines élections devraient en faire une priorité dans leur feuille de route.

  Paul FoutéFotso/ Elite Magazine N° 40

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
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