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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 17:38

Emmanuel Guiagain a été libéré après 25 jours de prison. Son plaignant, un policier, l’a torturé, avec la complicité d’un collègue du commissariat du 11e arrondissement de Douala, pour le faire renoncer à ses droits sur un lopin de terre. 

Le parcours qui a conduit Emmanuel à la prison de New Bell est inacceptable. " J’ai reçu, le 18 septembre, un coup de fil d’un certain Menené qui m’invitait à le rencontrer à la station Total Logbaba pour une affaire me concernant. Je m’y suis rendu en compagnie de mon oncle ", explique Emmanuel, éleveur d’une quarantaine d’années.

Droits de l'homme

Son interlocuteur arrive en compagnie d’un inspecteur de police qui lui demande sa carte d’identité. Surpris, Emmanuel s’insurge et demande des explications. L’inspecteur sort alors son arme, imité par le nommé Menené qui se présente alors comme agent de police. Les deux fonctionnaires le forcent à embarquer dans leur véhicule.

" Mon oncle qui craignait le pire m’a conseillé d’obtempérer et ensemble nous avons été emmenés au commissariat du 11è arrondissement de Douala où j’ai été jeté en cellule malgré mes protestations et mon désir de rencontrer le commissaire de police ", raconte Emmanuel Guiagain. Des heures après, il est invité à prendre connaissance de la plainte déposée contre lui par l’agent Menené. Ayant égaré ses lunettes pendant la bousculade de l’arrestation, il ne peut pas la lire et est alors entendu sur simple procès verbal avant d’être renvoyé en cellule. 

                                                                         Les pieds fouettés

Quatre jours durant, Emmanuel Guiagain est régulièrement sorti de cellule, et invité à signer cette lettre de Menené qui lui enjoint de renoncer à ses droits sur un lopin de terre situé à Yaoundé. Devant son refus, il est fouetté sur la plante des pieds et renvoyé en cellule. Au quatrième jour de détention, il est enfin présenté au procureur du tribunal de Ndokotti, qui sans l’entendre, et malgré son insistance, signe un mandat de dépôt pour la prison de New-Bell.

Deux fois de suite, il est appelé au tribunal, accompagné de son conseil, et questionné par le président. L’agent Menené ne daigne pas se présenter. A la troisième audience et toujours en l’absence du plaignant, le tribunal relaxe Emmanuel Guiagain. " Le 15 octobre, je n’ai pas pu me présenter au tribunal, mon nom ne s’étant pas retrouvé sur la liste des personnes autorisées à être extraites de la prison pour le tribunal. Je me suis fait représenter par mon conseil. Le lendemain, un oncle m’a rendu visite pour me dire que j’avais été relaxé et le 18, j’ai quitté New Bell. Que n’ai-je vu dans cette prison ! Des jeunes détenus sodomisés, des innocents comme moi qui y croupissent depuis des années, des malades sans soins…", raconte Emmanuel qui en est sorti les pieds boursouflés.

                                                                    Condamner les bourreaux

Quant à l’agent de police Menené et son collègue inspecteur de police, ils détiennent toujours sa carte d’identité, alors qu’aucune disposition légale ne leur en donne le droit. Emmanuel Guiagain est déterminé à intenter une action en justice contre ses deux bourreaux et n’attend plus que l’aval de son conseil. "J’ai perdu 26 porcs pendant mon incarcération, mes économies ont été dilapidées dans cette affaire et à l’heure où je vous parle, mes enfants ne sont pas inscrits à l’école, faute de moyens. Enfin j’ai eu beaucoup d’échecs dans mes tontines. Que faire ? Je ne laisserai pas ces abus impunis ", promet-il.

Avant lui, de nombreuses personnes victimes des abus des forces de maintien de l’ordre ont intenté et gagné des procès. De nombreux hommes en tenue sont ainsi régulièrement révoqués, suspendus ou envoyés en prison pour des abus multiples. Victime d’interpellation et de détention arbitraires, de séquestration et torture, Emmanuel Guiagain espère bien faire condamner ses bourreaux.

Théodore Tchopa (JADE)

Les articles sont produits avec l'aide financière de l'Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union Européenne.

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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