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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 16:22

Par LIBÉRATION.FR

Christine Lagarde, lors de l'annonce de sa candidature à la direction du FMI, le 25 mai 2011.

Lagarde a défendu la légitimité d'une candidature française et européenne. «Je ne suis ni la candidate de l'Europe, ni la candidate de la France», a-t-elle fait valoir. «Ca n'est pas une candidature européenne, c'est ma candidature et elle s'adresse à tous les membres du Fonds monétaire internationale.»

Dans la compétition pour le poste, Christine Lagarde devra en effet contrer les arguments de ceux qui ne jugeraient pas normal qu'un Français occupe le poste pour la deuxième fois d'affilée. De plus, au total, la France a occupé le siège de directeur pendant 34 ans, sur les 65 ans d'existence du FMI.

La mainmise de l'Europe sur le poste depuis 1944 est également remise en cause par un certain nombre de pays émergents. Selon une règle tacite, Europe et Etats-Unis se partagent le gâteau de la gouvernance économique mondiale: aux premiers le FMI, aux seconds la Banque mondiale

La candidate déclarée a assuré avoir reçu «un certain nombre de soutiens». Parmi les Européens, mais «il en est bien d'autres, bien au-delà de l'Europe», selon elle.

Source : www.liberation.fr

Le bilan en demi-teinte de DSK au FMI

Analyse: Bon communicant et gestionnaire avisé, Dominique Strauss-Kahn a profité de la crise pour réhabiliter l’institution. Mais sans parvenir à infléchir sérieusement sa politique.

Par VITTORIO DE FILIPPIS, CHRISTIAN LOSSON

Que restera-t-il de DSK au FMI ? L’image du sauveur d’une institution en péril, revigorée à la faveur d’une crise sans précédent ? Un pilote qui a tenté d’infléchir l’orthodoxie économique, mantra de ce paquebot de 4 000 fonctionnaires, au point d’asséner, ce 4 avril à l’université de Washington : «Le consensus de Washington est derrière nous» ? Les symboles d’un visionnaire réhabilitant le rôle de l’Etat, fustigeant les «politiques de dérégulation et de privatisation» ?

«Cet échafaudage s’est effondré sur le passage de la crise», dit-il ce 4 avril, où il gauchise (opportunément) son discours. Il cite alors Keynes : «Le capitalisme n’est pas intelligent. Il n’est pas beau. Il n’est pas juste. Il n’est pas vertueux.» Vertueux ? A sa façon, DSK a tenté de l’être. «Il s’est trouvé au bon endroit, au bon moment», a résumé François Bourguignon, ex-vice-président de la Banque mondiale. «Lui ou un autre : cela n’aurait rien changé. Si le FMI est revenu au centre de la photo, c’est que la crise fut exceptionnelle», ajoute un diplomate. «Non, il a eu une vue keynésienne de la crise et son bilan est positif», dit Michel Aglietta, économiste au Cepii. Dominique Plihon, président du conseil scientifique d’Attac, reconnaît que l’homme s’en sort au moins par un bon point : «C’est un économiste brillant et intelligent, et cela changeait. Au moins, il avait une vision qui l’a amené très vite à tirer la sonnette d’alarme. Et à implorer les Etats, sur le mode : "Faites de la relance et n’organisez pas la récession généralisée."»

«Pompier». Ce 1er novembre 2007, lorsqu’il prend les commandes du FMI, l’institution de Bretton Woods est au plus mal. Discréditée. Exsangue. L’ex-ministre de l’Economie de Lionel Jospin en a conscience. Il sait à quel point les pays en développement se sentent encore humiliés par des décennies de plans d’ajustements structurels appliqués sous forme de copier-coller. Cette souveraineté nationale contestée, ils n’en veulent plus. «Le FMI était le pompier incendiaire, il devient le pompier douché : au chômage», résume un expert. Il n’a que 20 milliards de dollars de crédits en cours (sept fois moins qu’aujourd’hui). Les ex-pays débiteurs du Fonds ont soldé par anticipation leur ardoise auprès de l’institution. Elle est à sec : 220 millions de dollars de déficit.

DSK «dégraisse» le dégraisseur en chef mondial : 591 fonctionnaires au guichet départ. Il vend une partie de son or… Mais un an passe et, au G20, DSK fanfaronne : «IMF is back.» Les chefs d’Etat, «paniqués à l’idée d’une faillite mondiale», se souvient un diplomate, réhabilitent son rôle. Il récupère 750 milliards de dollars… au cas où. On disait le FMI mort. Il revit. Pour DSK, c’est tout bénéfice. Le voilà au centre de la photo. «Le G20 a compris que le nettoyage du système financier était un préalable à une relance et une régulation efficace», dit-il alors. Et un rééquilibrage Nord-Sud essentiel. Amorcé par une réforme du droit de vote en faveur des pays émergents au sein du FMI. Ou par des prêts sans intérêts à 80 pays pauvres, malgré les réticences américaines. DSK milite aussi pour que le FMI se dote d’outils de prévention de crises. Mais tous les pays, surtout riches, ne voient pas cette immixtion d’un bon œil. «L’incapacité du Fonds à prévenir de la possibilité d’une crise systémique d’une manière précoce, pointue et efficace est un fait qui doit nous rendre humble», dit-il.

«Potion». Car le FMI a toujours été une vigie plutôt myope. Entre volontarisme réel et ministère du verbe pour le changement, DSK le sait bien. Mais se prend parfois les pieds dans le tapis : «Les pires nouvelles sont derrière nous», martèle-t-il souvent. Il peut aussi jouer les Cassandre et«surprend son monde, lorsqu’il répète, alors qu’on pense la crise révolue, que le pire est à venir», affirme Michel Aglietta.«Lâchez-nous du lest», implore DSK en privé auprès de ces actionnaires : les outils du FMI sont inadaptés, et ses politiques reformulées : les Européens grincent ainsi lorsqu’il plaide pour des marges de manœuvre budgétaires pour laisser filer les déficits. «Il a été un artisan de taille dans l’aide apportée à la Grèce par les Européens, rappelle Aglietta. Ces derniers étaient incapables d’agir, la Commission faisait du surplace…» Ce rôle de médiation, il le joue aussi lorsque les Allemands disent non à tout. «Et osent demander à la Grèce de vendre ses îles pour renflouer ses caisses», confie un autre économiste.

Plihon loue ainsi le volontarisme de DSK. Avant de dénoncer un résultat désastreux, selon lui : le contenu du plan de sauvetage. «Toujours la même potion orthodoxe : rigueur, privatisation. Peut-être qu’il n’avait pas de marge de manœuvre.» Mark Weisbrot, chercheur à Washington, se souvient : «Il nous a confié un jour qu’il trouvait que les plans grecs étaient trop raides, qu’ils allaient tuer la possibilité de retour de croissance.» Il ajoute : «La fonction de managing director est une fonction de représentation. Le vrai pilote, c’est le conseil d’administration. C’est lui qui définit la politique du Fonds.» A-t-il vraiment changé ?«De façon cosmétique. On s’est penché récemment sur 41 plans lancés depuis la crise. 31 appliquent les mêmes recettes des plans d’ajustements structurels que par le passé.»

Experts, ONG, économistes le reconnaissent : DSK et son éminence grise, Olivier Blanchard, embauché dès son arrivée, ont boosté et diversifié le champ des recherches académiques. Contrôle des capitaux, inégalités, politique monétaire moins orthodoxe, taxe internationale. «C’est vrai, mais il ne s’est jamais rallié à l’idée d’une taxe sur les transactions, regrette Plihon. Il n’y a jamais cru : une déception. Il a surfé sur la crise.» «Certes, le débat académique est plus diversifié mais, dans le fond, rien n’a changé, ajoute Esther Jeffers, économiste à Paris-VIII.Ce sont des politiques qui vont dans le même sens, mais peut-être de manière un peu moins violente.»

DSK, en passeur de baume, diront certains, a malgré tout tenté d’infléchir des dogmes libéraux purs et durs. «Un nouvel ordre macroéconomique exige que la main passe, au moins dans une certaine mesure, du marché à l’Etat», disait-il le 4 avril. Dans le même discours, il y a aussi cette phrase de Keynes, sur le capitalisme pas vertueux. «Quand nous nous demandons par quoi le remplacer, nous sommes extrêmement perplexes.» Un résumé, peut-être, des contradictions strauss-kahniennes.

Source : www.liberation.fr

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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