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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 17:59

RENCONTRE DU 30 SEPTEMBRE A DOUALA

Thème :

 Hygiène et la salubrité. La protection de l’environnement et la lutte contre les maladies à l’instar du choléra qui sévit dans certaines  de nos régions

            Monsieur le gouverneur de la région du littoral à Douala

            Monsieur le délégué du MINEFOP pour le littoral

            Monsieur les DD.MINEFOP de la région du littoral

            Monsieur les responsables publiques et privés des structures de formation professionnelles

Mesdames et messieurs,

            Quand j’ai été invité à faciliter ce thème, ma première surprise fut l’étendu du sujet, sa complexité, son importance et son caractère d’actualité brûlante (pas plus tard que samedi dernier j’apprenai sur les ondes de l’une de nos multiples radio que le préfet du Wouri était en colère contre le désordre urbain, le manque d’hygiène et de salubrité dans notre cité, cette même cité où certaines entreprises dites citoyennes sont sanctionnées pour pollution). La deuxième surprise  fut le temps nécessaire  pour le traiter, puis  en tant que facilitateur, le temps pour l’élucider et  conduire l’atelier.

            Mais le défi  valait la peine d’être relevé et pour le faire j’ai fait appel au vieil adage qui recommande que  les choses complexes doivent être simplifiées, divisées et  subdivisées pour être mieux comprises.

            Commençons donc  par la définition des termes clés de notre sujet ;

Qu’est ce que l’hygiène ?

Hygiène : Est l’ensemble des pratiques et des règles qui améliorent les conditions de vie et préviennent l’apparition  des maladies. L’hygiène s’occupe donc  du milieu dans lequel l’homme séjourne et  des maladies infectieuses qui menacent l’homme dans ce milieu naturel ou modifié du fait de l’activité humaine. Elle est aussi le soin que l’homme apporte directement à son corps. Elle se base essentiellement sur trois actions :

  • le nettoyage ;
  • la désinfection ;
  • la conservation. Par extension, on parle aussi d’ hygiène de vie ,  hygiène alimentaire  et d' hygiène mentale  pour des actions et activités permettant de prévenir l'apparition de troubles, comme la pratique d'un sport, l'abstention de fumer ou de boire de l'alcool.

 La salubrité : c’est tout ce qui contribue  au maintien de la santé, c’est ainsi que nous devons entendre par salubrité publique, l’ensemble des mesures édictées par l’administration en matière d’hygiène des personnes, des animaux et des choses. Tout  ce qui est insalubre est nuisible à la santé humaine. Ex : un habitat insalubre, susceptible d’être source de maladie pour ceux qui y habitent.

            II) le monde n’existe pas que depuis seulement janvier 2010, il existe depuis toujours et le problème de la santé, le problème de relation homme –environnement.   La pollution et les maladies aussi depuis le début de l’apparition de l’homme sur terre. Mais ce qui nous préoccupe ici c’est la santé de l’homme et c’est ainsi que je prends le repère de 1978  à Alma ATA, en URSS,  où les experts du monde entier ont défini le concept de soins de santé primaire et ont décrit ses huit composantes qui sont :

1.      Éducation pour la santé

2.      Assainissement du milieu

3.      Pratique de la vaccination au niveau communautaire

4.      Promotion d’une nutrition équilibrée

5.      Reconnaissance et mise en œuvre de certains traitements appropriés

6.      Fourniture de médicaments essentiels (« pharmacie villageoise », distributions de masse)

7.      Prévention maternelle et infantile

8.      Participation communautaire à la lutte contre les maladies transmissibles et/ou endémiques.

            Ces décisions seront diversement appliquées d’un pays à l’autre voire carrément ignorées par d’autres. C'est-à-dire  ceux qui doivent définir les objectifs à atteindre pour améliorer la situation sanitaire de leurs populations, fixer l’ordre de priorité et objectifs, indiquer les principales voies à suivre pour y parvenir sont passés à côté du sujet.

            Pour ne pas nous perdre dans les méandres de l’histoire et des différentes politiques sanitaires et au regard des urgences de l’heure et parce que nous sommes ici dans le cadre des politiques de formation professionnelles et d’insertion dans le monde du travail, je vais retenir notre attention sur la première  des  huit composantes et la huitième qui sont intimement liées.

             Cette première composante est d’une importance capitale pour nous et surtout maintenant. Elle suppose une politique d’éducation axée sur les problèmes sanitaires, en sorte que les populations concernées  soient capables  d’identifier et de comprendre le vocabulaire sanitaire, capables de réfléchir sur les problèmes de leur santé et de leur environnement. Or ces dirigeants  n’ont pas compris ce qu’est l’éducation pour la santé qui est tout un ensemble planifié d’activités conduisant à une situation dans laquelle les gens veulent être en bonne santé , savent comment parvenir à l’état de santé souhaitable et font leur possible individuellement et collectivement pour recouvrir à l’aide de personnes compétentes quand besoin est. Cette définition souligne que l’éducation pour la santé ne se réduit pas, tant s’en faut, à fournir des informations. Le terme de base c'est-à-dire le point de départ de l’éducation pour la santé est l’alphabétisation sanitaire.

L’éduction sanitaire comprend :

* les activités visant tant à l’information des décideurs qu’à celle des collectivités

*l’organisation communautaire,

*les activités aidant les individus, les familles et les collectivités à comprendre les conséquences   pour la santé de tel ou tel style de vie et à jouer un rôle actif de protection de leur santé.

* d’autres formes d’actions sociales qui encouragent les individus à adopter ou à renforcer de leur propre initiative tout comportement favorisant la santé.

1.                  Le saut dans la huitième composante :( Participation communautaire à la lutte contre les maladies transmissibles et/ou endémiques).ainsi comprise, elle ordonne que les populations puissent  participer activement  à tous les niveaux de réflexion et de tous les processus de prise de décision, ceci ayant pour finalité l’appropriation par ces populations  de toutes les informations, les décisions et les actions visant à améliorer les états de santé et la protection de leur environnement.

LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT  

Environnement : L'environnement est défini comme « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore comme « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ».

            La notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot environnement, a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et des dernières décennies. On peut aujourd'hui définir l'environnement comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et interactions s'y déroulant, c'est-à-dire, comme tout ce qui entoure l'Homme et ses activités.

            Au XXIe siècle, la protection de l'environnement  devient un enjeu majeur, en même temps que s'impose l'idée d'une dégradation à la fois globale et locale de l'environnement, à cause des activités polluantes humaines. La protection de l'environnement est un des trois piliers du développement durable et a été désignée comme l'un des huit objectifs du millénaire pour le développement.

            Les dégradations de l'environnement ont des effets importants, sur la santé humaine et la qualité de vie des populations. La qualité de l’environnement, notamment dans les régions fortement peuplées, est devenue un véritable problème de santé publique. Le lien entre santé et environnement a pris toute son importance depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992 ; la protection de l'environnement est alors apparue comme une étape incontournable des politiques de santé publique mondiales.

            Les domaines de l'environnement pour lesquels la pollution peut avoir les conséquences les plus néfastes sur les populations sont l'eau et l’air, ressources indispensables à la vie. La pollution des sols peut aussi générer, à plus long terme, des problématiques sanitaires.

            L'eau et l'air peuvent être vecteurs de produits toxiques,  non-biodégradables, allergisants mais aussi de virus, bactéries et autres agents pathogènes ayant des effets pathologiques directs, à court, moyen ou long terme, sur les organismes vivants. Après avoir survolé l’environnement dans sa structure et ce qui peut constituer une menace pour son équilibre , qui va nous guider dans la recherche des voies et moyens de sa protection, voyons un peu ce qu’est le choléra surtout en ce moment où cette affection menace de devenir une catastrophe publique.

NB : à la fin de cet exposé nous sommes déjà à plus de 400 morts de choléra dans les régions septentrionales du Cameroun.

QU’EST CE QUE LE CHOLERA ?

            Le choléra est une infection bactérienne de l'intestin grêle qui peut provoquer une diarrhée aiguë et une déshydratation intense.

            À travers le monde, le choléra tue environ 4 % des personnes qui développent des symptômes graves. Cela comprend les personnes qui sont traitées trop tard et celles qui n'ont pas accès à un médecin. Moins de 1 % des personnes sévèrement atteintes mourront de la maladie si elles sont traités rapidement et de façon appropriée.

            Le choléra est causé par une bactérie appelée Vibrio cholerae, une très proche cousine de la bactérie à l'origine de la gastro-entérite. Une fois avalée, la bactérie se fixe sur les parois de l'intestin grêle ou du gros intestin. De nombreuses bactéries meurent, alors que d'autres sont évacuées, mais en général la colonie s'accroche pendant une semaine ou deux. Durant cette période, elle libère une toxine (un poison) qui peut amener l'organisme à inonder de liquide l'intestin grêle, ce qui déclenche une diarrhée liquide.

            La maladie se transmet en général par une eau contaminée par des selles humaines, mais elle peut être transmise par l'ingestion d'aliments contaminés, en particulier des fruits de mer ou des crustacés crus ou cuits de façon insuffisante. La plupart des personnes infectées par le choléra ne présentent aucun symptôme, cependant elles sont porteuses de bactéries pendant quelques semaines et les excrètent lentement dans les eaux usées. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'un problème majeur dans les pays pourvus de toilettes à chasse d'eau et de stations d'épuration des eaux.

            Environ 25 % des personnes qui ingèrent la bactérie présentent les symptômes particuliers appelés choléra. De ce nombre, 80 % vont souffrir de diarrhée d'intensité légère ou modérée, tandis que 20 % subiront une diarrhée aqueuse intense qui peut menacer leur vie si on ne la traite pas de façon appropriée. Les raisons pour lesquelles la maladie se développe chez certaines personnes alors que d'autres ne sont pas affectées par cette toxine bactérienne ne sont pas connues. La plupart des adultes dans les zones d'endémie de choléra ont des anticorps qui aident à les protéger de la maladie.

            Les bactéries Vibrio sont tuées par l'acide gastrique. La recherche a démontré que les personnes possédant de faibles niveaux d'acide dans leur estomac (par ex. les personnes qui utilisent des médicaments antiacides) sont beaucoup plus sujettes à contracter le choléra. Les personnes du type sanguin O semblent également courir un risque accru.

            Lorsque le choléra provoque des symptômes, le principal est la diarrhée liquide : elle est si importante qu'elle vide rapidement l'organisme de son eau, de ses sels et de ses minéraux. La première selle liquide apparaît 1 à 3 jours après l'infection, et à partir de cet instant vous pouvez perdre jusqu'à un litre de liquide par heure. Des vomissements peuvent accompagner la diarrhée. Parmi les autres symptômes d'un choléra avancé, on observe :

  • des crampes musculaires,
  • une miction réduite ou absente,
  • de la faiblesse,
  • un pouls filant,
  • les yeux enfoncés dans les orbites,
  • la peau des doigts ridée.

            Le choléra dure habituellement de 3 à 6 jours, mais s'il n'est pas traité, il peut mener à un état de choc dû à la déshydratation, à une insuffisance rénale, au coma et à la mort.

Face au choléra que faire en tant qu’individu ?

Le lavage des mains, l’accès à l’eau potable, désinfection de toilettes, décontamination de tout ce qui est souillé par les selles humaines,  hygiène corporelle et alimentaire  ainsi que l’assainissement de sont cadre de vie. Attention aux fruits et à l’eau que proposent les vendeurs ambulants

            Après nous avoir promené dans l’abstrait et la spéculation intellectuelle , revenons sur terre , analysons la réalité de notre milieu au regard de l’actualité pour y voir ce qui est fait, ce qui est mal fait , ce qui n’est pas du tout fait au plan de l’hygiène et salubrité , ensuite au plan de notre environnement , qu’est qui le menace ? Quel est son degré de détérioration ? Et quelles mesures prendre pour le protéger et prévenir l’avancée des maladies comme le choléra qui menace ces derniers temps de passer du statut d’endémicité à celui d’épidémie à grande échelle ? Que des interrogations !

            Peut-on parler de l’hygiène et de la salubrité dans un milieu où les gens n’ont pas accès à l’éducation pour la santé ? Peut–on parler de contrôle de la maladie hydrique quand moins de 20% de la population a accès à l’eau potable et à un logement acceptable? Peut–on parler de la protection de l’environnement quand certaines entreprises dites citoyennes de notre cité sont en même  temps grands responsables de la pollution ? Qui doit faire quoi  pour que la situation s’améliore ? Notre problème n’est pas nécessairement celui de la pauvreté mais celui de la formation, de la conscientisation et de la responsabilisation.

« MON PEUPLE SE MEURT FAUTE DE CONNAISSANCE ».

            Les menaces, les intimidations, les sanctions sont totalement inefficaces, et à la limite produisent des effets contraires ; le sentiment des populations d’être tyrannisées, méprisées et bafouées par ceux là même qui ont pourtant eu mandat pour les protéger et les encadrer.

            Alors devant ces menaces que sont la dégradation de l’environnement par l’homme et les conséquences multiples que doit-on faire ?  Nous devons mesurer le degré de compréhension des populations concernant  la maladie. Mesurer sa capacité à assimiler les nouveaux concepts. Evaluer la volonté  et le degré d’engagement des leaders communautaires à lutter fermement pour le bien être de tous. En suite l’identification générale de toutes les sources de nuisances à la santé. tirer des observations générales ; les particularités locales(en occident, c’est l’industrie qui apporte tous les malheurs sur le plan de la dégradation de l’environnement et la santé, ici chez nous c’est plutôt l’ignorance, le péril fécale, l’inobservance  totale  des règles d’hygiène. Des textes réglementaires inadaptés. l’absence de projet d’éducation pour la santé qui constituent la vraie menace pour notre environnement et notre santé).

            Si ici et maintenant nous pouvons concentrer toute notre énergie à déblayer ce secteur, si nous pouvons focaliser notre attention sur la question de savoir comment concevoir les thèmes de l’éducation pour la santé axés sur nos problèmes réels avec une pédagogie bien adaptée à chaque groupe social identifié. Les différents supports pour cette éducation, alphabétisation sanitaire, le tout visant à une compréhension par tous de l’intérêt de cette politique de sauvegarde de notre santé. Le meilleur indicateur de vérification du succès  étant le niveau d’adhésion des populations, leur appropriation des processus de mise sur pied de toutes les actions et enfin le changement de comportement pour une bonne hygiène corporelle, un cadre de vie  décent et la protection de notre environnement. Une lutte efficace contre les fléaux déjà présents.

             Le vrai problème de nos populations est l’ignorance et l’absence d’un encadrement communautaire conséquent par les leaders charismatiques et non des petits opportunistes en mal de positionnement. Ce n’est pas le fait du hasard que la composante santé – environnement occupe la première place sur les huit objectifs du millénaire pour le développement des peuples au terme de l’année 2015.

             Le dernier sommet de l’ONU vient de faire le constat amer de l’impossibilité à atteindre ces objectifs même partiellement en 2015. Qu’avons-nous fait aussi du slogan de santé pour tous en l’an 2000 ? Nous sommes en 2010. Il faut donc se mettre au travail car mieux vaut tard que jamais et prenons conscience que notre développement auto centré passera par nous-mêmes.

            Responsables associés de la dégradation de notre environnement, nous serons aussi coresponsables des mesures à adopter et à mettre en œuvre pour le protéger. La grande question pour nous est de savoir  si un individu peut à lui seul sauvegarder sa santé et protéger son environnement. En d’autre terme comment organiser notre société pour qu’ensemble nous puissions définir nos priorités en matière d’hygiène individuelle et collective ? Comment gérer  notre salubrité ? Comment ensemble nous pouvons lutter efficacement contre les maladies telles, le paludisme, la typhoïde, les amibes, bref les maladies du péril fécale et celle liées à l’eau et à l’environnement ? Nous espérons que notre modeste contribution aux réponses à ces interrogations contribuera à nous faire sortir du lot de ceux qui subissent les événements pour nous ranger enfin du côté de ceux qui anticipent sur les événements pour limiter les dégâts. Merci pour votre aimable attention.

                                                      Dr Ananfah  directeur  AMC Nkongsamba

                                                                                                                     Consultant indépendant :

                                                                                                                      En santé communautaire

                                                                                                                      Santé de la reproduction

                                                                                                                      Et facilitateur en supervisons/ évaluation/

                                                                                                                    Suivi des projets sanitaires

               

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  • Sylvain Timamo
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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