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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 14:34

altDans une verve qu’on lui reconnaît, le ministre du «Shadow cabinet» du Social democratic front (Sdf) en charge de l’information et des médias, fait le point sur les temps forts qui ont émaillé les 23 ans d’existence du plus grand parti de l’opposition au Cameroun. Au lendemain de la célébration, sans tambour, ni trompette, de l’anniversaire du Sdf, le 26 mai dernier, le prétexte a été tout trouvé pour que ce militant de la première heure du parti de la balance, aujourd’hui, un des cadres qui veillent à polir l’image quelque peu écornée de ce parti et à lui redonner son lustre d’antan, reviennent sur le rapprochement objet de controverse, entre le Sdf et le Rdpc et les perspectives qui se dessinent pour le plus grand parti de l’opposition à quelques encablures de la tenue des consultations électorales, notamment législatives et municipales.

Le Sdf a célébré son 23eme anniversaire le 26 mai. Dans ce cadre, y a-t-il des manifestations organisées au siège social du parti à Bamenda ou ailleurs?

Il y a eu bien évidemment des manifestations sur fond d’introspection présidées par le chairman à Bamenda. Il y a également eu des conférences et des séminaires de réflexion qui ont été organisés dans les différentes structures du parti à la base notamment dans les circonscriptions électorales. Nous sommes un parti qui promeut la prise des initiatives à la base pourvu qu’elle cadre avec notre dispositif statutaire et les intérêts du parti. L’option de la réflexion et du recueillement a été privilégiée en mémoire de nos martyrs qui sont tombés il y a 23 ans sous les balles du régime. En pareille circonstance, vous comprenez bien qu’il est indécent d’organiser des agapes et des festins. Il ne faudrait surtout pas, oublier que les raisons qui avaient conduit au lancement du parti sont malheureusement d’actualité 23 ans après.


De votre position de ministre en charge de l'information et des médias du «shadow cabinet», quel bilan faites-vous des 23 ans du Sdf?

Le bilan est globalement satisfaisant. Durant toutes ces années, le Sdf a beaucoup donné, très peu reçu et surtout le chairman a beaucoup cher payé. Les Camerounais de bonne foi le savent. Le parti a appris tout au long de ces 23 années d’engagements politiques qu’il y a beaucoup d’épreuves sur la route d’une formation politique qui veut changer un pays comme le nôtre. Les attaques les plus rudes nous ont été réservées. Grâce à la vigilance des militants et surtout au chairman, le Sdf a pu relever tous ces défis et affronter sans se dérober toutes ces attaques. Notre force a été d’être ensemble et de le rester. Le parti a su redonner du contenu, de la force, une utilité à l’action politique. Les Camerounais ont pu être convaincus de la détermination, de l’énergie infinie du parti pour faire triompher la cause qui nous unit tous : l’avènement d’une démocratie véritable dans notre pays.

En dehors des attaques auxquelles le Sdf a fait face, avez-vous le sentiment d’avoir atteint l’objectif que votre parti s’est fixé à sa création ?

L’objectif du parti dès son lancement n’est pas encore atteint, c’est vrai. Il est évident que beaucoup reste encore à faire pour que le Cameroun devienne une Nation démocratique, une République au sens vrai du terme. L’objectif d’une vraie République, vous le savez, c'est d'arracher du cœur de chaque compatriote le sentiment de l'injustice. C'est que les chances de réussite soient égales pour tous. C'est de permettre à celui qui n'a rien d'être quand même un homme libre, à celui qui travaille de posséder quelque chose. L’objectif d’une vraie République c’est surtout que les gouvernants soient véritablement l’émanation du peuple à travers des élections crédibles et transparentes. Ce n’est malheureusement pas encore le cas aujourd’hui à cause de la mauvaise gouvernance économique et politique érigée en méthode systématique de gestion de la chose publique. Le processus électoral est vicié et taillé à la mesure d’un homme qui feint d’ignorer que la République commence quand la politique cesse d'être au service de la volonté de puissance d’un seul homme pour se mettre au service du peuple. Il y a un schisme saillant entre les gouvernants et les gouvernés. Nos gouvernants ne sont pas l’émanation de la volonté réelle du peuple du fait des multiples fraudes électorales. Malgré toutes ces obstructions malheureuses, tous les hommes de bonne foi – et ils sont majoritaires - s’accordent à dire que les timides avancées politiques que l’on a observées depuis 23 ans dans notre pays sont le résultat des multiples batailles du Sdf : bataille pour la liberté d’expression dans la mouvance des années 1990, bataille pour les urnes transparentes, bataille pour la refonte des listes électorales, bataille pour l’introduction de la biométrie dans le processus électoral, bataille pour la mise sur pied du sénat qui permettra de rendre effectif le Conseil constitutionnel.


De plus en plus, l'imagerie populaire est étonnée du rapprochement entre le Sdf et le Rdpc notamment à quelques jours des sénatoriales et des commentaires ont fusé sur un deal supposé ou réel entre les deux formations politiques. Le Sdf selon vous, est-il encore ce parti porteur d'espoir de changement comme, il l'a longtemps claironné à sa naissance?

Il est évident que le Sdf reste et demeure un parti porteur d’espoir. Seuls les cosmonautes politiques ou ceux qui n’ont de la politique que ce qu’on leur dicte de temps à autre dans les salons peuvent prétendre le contraire. Il ne faut pas confondre la vérité et l’objectif en politique. La science politique est une chose et la politique en est une autre. Il ne faudrait donc pas confondre la science politique à la politique. Revenons justement sur ces élections sénatoriales. Le parti a pris la résolution de participer aux élections sénatoriales du 14 avril dernier dans notre pays. Je sais toute la polémique qu’une telle décision a pu provoquer au sein de l’opinion en raison de ce que nous avons été, bien avant la convocation du collège électoral, à la tête de la revendication pour que les élections sénatoriales soient organisées après les élections municipales. Fidèle à son autisme condescendant, le régime de Yaoundé a refusé d’accéder à cette demande. En dépit de ce manquement aux usages démocratiques, le parti a opté par réalisme pour une posture républicaine qui était celle d’aller à cette consultation électorale. Trois raisons fondamentales ont dicté la position définitive du parti : la participation à toute élection organisée aux niveaux régional et national, la nécessité d’être présents au sein de toutes les institutions législatives de notre pays et surtout l’intérêt suprême du peuple camerounais qui passe par la mise sur pied des institutions contenues dans la Constitution du 18 janvier 1996. Sur ce dernier point précisément, le Sdf a toujours réclamé depuis 1996 la mise sur pied du sénat et du Conseil constitutionnel qui sont, de par leurs différentes prérogatives, deux institutions extrêmement importantes dans les mécanismes de dévolution du pouvoir politique dans notre pays. Dans notre Constitution, la vacance du pouvoir est constatée par le Conseil constitutionnel et l’intérim assuré par le président du sénat. Pour que le Conseil constitutionnel prenne forme, il faut que le président du sénat y désigne trois membres. Et pour que le président du sénat existe, il faut bien que le sénat existe. Et pour que le sénat existe, il fallait bien que les élections sénatoriales se tiennent. Vous comprenez dès lors que le souci du parti de participer à cette élection sénatoriale était moins lié à la volonté d’avoir absolument la majorité au sénat qu’à la nécessité républicaine de combler le vide institutionnel existant depuis 1996. En participant à la toute première élection sénatoriale du Cameroun, le Sdf a une fois de plus donné une nouvelle chance à la paix dans notre pays. Et le chairman a toujours précisé au cours de ses sorties que chaque fois qu’il sera donné au parti de choisir entre ses intérêts propres et ceux du peuple du Cameroun, le parti n’hésitera pas à s’incliner face à celui du peuple camerounais. Au nom de l’intérêt suprême de notre Nation.


Qu’en est-il de la prétendue alliance avec le parti au pouvoir ?

Concernant la supposée alliance, contrairement à ce que des gens mal intentionnés ont laissé croire, il n’y a jamais eu d’alliance entre le Sdf et le parti au pouvoir. Le chairman a conduit la liste du parti dans le Nord-ouest et il a perdu à cause des achats de conscience, de la corruption active et des intimidations diverses. Des Etats sérieux ont résolu ces problèmes de corruption, d’intimidations diverses et d’achat de conscience en instituant le bulletin de vote unique. Quand on prétend être majoritaire sur le terrain, on ne freine pas des quatre fers pour empêcher l’institution du bulletin de vote unique. Permettez-moi de rappeler à ce titre que contrairement à ce que certaines officines à la solde des intérêts occultes du régime ont pu distiller, le sort de la liste que le chairman conduisait dans le Nord-ouest n’a jamais été sa priorité absolue encore moins la priorité absolue du parti. Durant la campagne, son déploiement au-delà de sa propre circonscription électorale est la preuve de ce que l’objectif recherché, en plus d’un ancrage territorial dans des régions réputées difficiles, était d’avoir autant que possible un maximum de sénateurs sur l’ensemble du territoire national. Son sort, et il l’a dit et répété bien avant et au cours de la campagne, était donc moins important que celui du parti dans son ensemble. De même que la non présence du Sdf dans les 30 nommés devrait logiquement achever de convaincre définitivement sur ce qu’il n’en était rien et que le parti était tout simplement victime d’une campagne d’intoxication détestable des officines visant à le déstabiliser à la veille des échéances capitales que sont les législatives et les municipales.

Quelles sont les perspectives qui se dessinent pour le Sdf dans les jours à venir, en termes de participation aux législatives et municipales prochaines? Le Sdf a-t-il mis fin aux soubresauts qui agitent le parti, notamment dans le Littoral? Y a-t-il encore des menaces d'implosion au sein du parti?

D’emblée il convient de préciser qu’on ne saurait se baser sur la configuration actuelle du sénat pour établir la domination réelle d’un parti politique quelconque sur l’échiquier politique. Le fait d’avoir à tout prix organisé les sénatoriales avant les municipales est révélateur du désarroi qui a envahi le parti au pouvoir à la veille des futures échéances électorales. Les batailles municipales et législatives auront probablement lieu au cours de cette année. Ces élections législatives et municipales donneront le véritable rapport de force actuel des partis politiques sur le terrain. Il faudrait que le président de la République clarifie le calendrier électoral afin que les prochaines élections législatives et municipales se déroulent dans la sérénité et non dans la précipitation qui est potentiellement génératrice de désordre. Les Camerounais ne doivent surtout pas perdre de vue qu’en l’état actuel de notre dispositif constitutionnel, l'Assemblée nationale statue en dernier ressort pour ce qui concerne les lois. Les prochaines élections législatives et municipales seront par conséquent plus que jamais déterminantes pour notre pays. Lors du Nec (national executive committee, Ndlr) du 11 mai dernier, il a été demandé aux camarades de se mobiliser, de s’unir et d’être solidaires pour ces échéances capitales. Il a été recommandé que nul ne doit avoir le sentiment d’être laissé de côté, d’être isolé ou d’être inutile. Pour ce qui concerne le Littoral, ce qui se passe est le signe de la vitalité militante au sein de cette région. Le Nec n’a jamais dissous le Comité exécutif régional du Littoral. Une commission du Nec avait été mise sur pied le 16 février dernier pour renforcer et non remplacer le Comité exécutif régional du Littoral. Le cahier de charges de cette commission du 16 février consistait à renouveler les structures en fin de mandat et à redynamiser certaines structures en latence. Pour ce qui concerne les législatives et les municipales à venir, des directives ont été prises au cours du Nec du 11 mai dernier en rapport avec les primaires de ces deux élections. Les primaires des municipales seront organisées par les circonscriptions électorales sous la supervision du Comité exécutif régional et celles des législatives organisées par le Comité exécutif régional sous la supervision de la commission du Nec mise sur pied à cet effet et qui est présidée par le 1er vice-président national le camarade Joshua OSIH. Cette disposition est également appliquée à toutes les autres régions.

Source : http://news.jetcamer.com

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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