Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 14:48

Après l’annonce de la tenue des élections sénatoriales qui continue de faire des vagues, nous avons rencontré le président du Social democratic Front. John Fru Ndi, ne cache pas sa colère et sa détermination à empêcher ces consultations électorales face à l’entêtement du président Paul Biya.

paul biya et fru ndiLe président Biya vient de convoquer le collège électoral pour les sénatoriales.  Pourtant vous vous étiez opposé à l'organisation des sénatoriales avant les municipales et législatives. Comment réagissez-vous?

C’est marrant que Paul Biya et son gouvernement  fassent le semblant.  Ils ont invités certains leaders des partis politiques pour les consultations ; je fais partie de ces invités.  Au moment de l’invitation, j’étais à l’Ouest du Cameroun pour  inviter les populations à  aller s’inscrire sur les listes électorales.  Dès que j’ai pris la route pour Yaoundé,  j’ai eu un accident sur la route. Une fois à Yaoundé et toujours dans le choc, je me suis rendu à la primature où j’ai rencontré le premier ministre qui me fait comprendre que le chef de l’Etat veut avoir notre point de vue sur les élections  sénatoriales. Alors que le Pm poursuit encore ces consultations,  un décret présidentiel est lu à la radio  convoquant le collège électoral pour les sénatoriales le 14 avril 2013. Maintenant,  est-ce que ces consultations étaient juste une fumée pour voiler les yeux des camerounais, les occuper ou bien c’était chercher des solutions pour notre processus électoral? Donc,  si Biya s’est entêté à convoquer le corps électoral pour les sénatoriales, je dis que c’est malheureux. Parce que c’est une autre manière  de décevoir les camerounais ; parce que ces sénateurs doivent être votés par les conseillers municipaux actuels. Ces conseillers municipaux  ont été élus  de façon  frauduleuse  par des élections organisées par l’Onel (Observatoire national des élections), qui  avait lui-même accepté que ces élections étaient entachées d’irrégularités, en plus leur mandat est expiré. Et c’est parce que Onel a échoué que Elecam est venu. Avec l’échec actuel d’Elecam, ils ont dit qu’ils allaient redresser Elecam. C’est ridicule, souillant et impensable,  que M. Biya ait fait cela. Si  dans un entretien  il me persuade, me convainc sur la nécessité d’aller aux élections sénatoriales,  à mon tour, je vais aussi convaincre les camerounais à  aller voter. Mais comme il ne l’a  pas fait, il a plutôt driblé les camerounais en convoquant le corps électoral pour les sénatoriales,  j’indique déjà aux camerounais que ces élections n’auront pas lieu. On parle toujours de la paix….etc.  Oui, il y a la paix au Cameroun;  mais nous voulons la justice. Et quand il n’y a pas de justice, on pousse les populations à la guerre. J’appelle les camerounais à être prêts pour combattre toutes ces illégalités et irrégularités toujours présentes sur notre chemin.
 
Peut-on s'attendre au boycott de cette élection?

Nous avons dit que si je ne m’assois pas avec M. Biya pour qu’il me convainque, et  convaincre d’autres personnes,  parce que me convaincre c’est une chose, et moi convaincre les Camerounais d’aller aux élections en est une autre. Donc, je ne peux rien dire pour l’instant, mais les  instances dirigeantes du Sdf se réunissent ce samedi et la position du parti sera connue.

Vous dites que cette élection ne sera pas organisée, parce que vous mettrez tout en œuvre pour l'empêcher. Ce n'est pas la première fois que vous brandissez une telle menace. Mais rien ne se produit le moment venu. Quels sont les atouts dont vous disposez aujourd'hui, plus qu'hier, pour mener ce combat?

Les hommes, c’est ma première arme. Que la population lutte maintenant pour défendre leur pays, pour mettre les choses à leur place. Nous croyons au «pouvoir au peuple et égalité des chances.» Le pouvoir appartient au peuple, je  recommande fortement  à tous et à chacun de s’apprêter pour le grand combat qui va commencer. On vient de m’informer que le régime vient d’importer les armes. 
 
Le président de la République a rendu public ce décret au moment où vous étiez attendu chez le Pm. était-ce une coïncidence, d'après vous?

Ce n’était pas une simple coïncidence. C’était un acte bien calculé. Que le Pm  prétende  faire la consultation, en nous demandant notre avis sur tel ou tel sujet à propos des élections sénatoriales,  et au même moment un décret sur le sujet de consultation est lu à la radio. Alors, quelle est l’utilité de cette consultation ? C’est la même chose qui s’est passée lorsque nous étions au tribunal pour les litiges nés de la présidentielle. Sur place, on  s’activait à nous distribuer les invitations pour l’installation de M Biya. Donc, c’était juste une façon de montrer au monde que le Cameroun est un pays de lois.  Nous sommes dans un pays ou la loi ne veut rien dire ; la loi est là pour contrôler l’opposition. M. Biya lui-même  va vous dire que «le Cameroun c’est le Cameroun». On peut faire et défaire, c’est pour cela que les choses sont en train d’aller  comme vous voyez. Mais je saisis l’opportunité pour demander aux camerounais de prendre leur responsabilité pour éviter cette humiliation à notre Sénat.  Je le dis, le Sdf ne peut participer à cette élection si et seulement si on s’assoit.  Et que M. Biya nous dise pourquoi il pense que ces élections doivent avoir lieu maintenant au lieu d’attendre qu’Elecam organise les municipales pour que les conseillers municipaux nouvellement élus procèdent à l’élection des sénateurs. Et puis qu’il nous dise pourquoi prendre les candidats élus  sous l’Onel pourtant fortement décriés, pour  choisir les sénateurs. Comme je l’ai dit, c’est une honte, ça fait pitié pour ce pays.

Un événement malheureux, cet accident qui vous est arrivé à l'entrée de Yaoundé. Que s'est-il passé?

Je pense que c’est un acte bien calculé du régime de faire à ce que je sois en mouvement tous les jours. On à tiré sur moi à Bafoussam; Dieu merci, je ne suis pas mort; on a versé de l’eau sur moi à Douala, Yaounde, ici à Bamenda, on m’a  empoisonné chez moi-même, je vomissais du sang etc.  Donc, tous ces mécanismes ont échoué  et ils ont pensé qu’il faut me mettre sur l’axe lourd,  si non comment comprendre  que le PM m’appelle  à 20 h le mardi et me demande de me présenter au premier ministère à 9 h mercredi pour les consultations ? Je ne suis pas à Yaoundé et il le sait très bien au moment où il m’appelle. Je ne suis pas un sac qu’on peut porter à chaque moment pour se déplacer, ni un fonctionnaire ; je suis un leader de parti politique avec un programme; et j’étais sur le terrain pour la sensibilisation des électeurs au vu et au su de tous. Je n’ai jamais eu d’accident, je remercie Dieu pour
ça ; c’est regrettable que pour la première fois où je suis dans  mon propre véhicule qui heurte et tue; j’ai vu l’accident venir, malgré mes cris, je ne pouvais rien, mais je remercie mon chauffeur pour sa combativité, sinon on aurait pu faire plus de victimes. A la famille endeuillée je transmets mes sincères condoléances. Je remercie le préfet de la Lekié et son Etat major, le président du groupe parlementaire du Rdpc  et les autres officiels qui sont venus à notre secours.

En quelle qualité le directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou, est arrivé chez vous à Yaoundé peu avant votre rencontre avec le Pm?

Vous savez, quand M. Biya est arrivé a Bamenda, il m’a dit que son point de contact, c’est Martin Belinga Eboutou.  Et depuis lors, je discute avec lui, et tout porte sur notre refus de voir les élections sénatoriales avant les municipales et les législatives. J’ai passé cette information à martin Belinga pour M. Biya; je veux que les camerounais sachent qu’à travers Belinga, j’ai parlé à M. Biya lui demandant de me rencontrer pour un tête à tête, de me dire pourquoi  les sénatoriales à tout prix avant les municipales et les législatives.
Source : http://www.lanouvelleexpression.info
CAMEROUN - SÉNATORIALE: Rien ne sert plus de pinaillé. Loin d’être un juriste, mais pas naïf, j’indique tout simplement que la spéculation et la manipulation de l’opinion publique n’influencera pas sur le scrutin aux yeux de loi. N’est-ce pas claire comme l’eau de roche la Loi n° 2006/006 du 14 juillet 2006 fixant les conditions d’élection des sénateurs ? À moins d’être atteint de myopie politique pour ne rien voir.

Paul Biya tient bien dans ligne et voici le pourquoi : Tout d’abord, il est à noter que, les dispositions de la loi n°91-20 du 16 décembre 1991, ainsi que celles de la loi n° 92/002 du 14 août 1992 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée Nationale sont applicables mutatis mutandis à l’élection des conseillers municipaux, des conseillers régionaux et des sénateurs, sous réserve de celles particulières fixées par la présente loi.

Afin que nul n’en n’ignore, il est intéressant de prendre connaissance des extraits sélectionnés par moi à dessein, des lois y relatives fixant les conditions d’élection ainsi présentées :

L’Assemblée Nationale a délibéré et adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1: La présente loi fixe les conditions d’élection des sénateurs.

Article 2 : Les dispositions de la loi n° 91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée par la loi n° 97/13 du 19 mars 1997, sont applicables mutatis mutandis à l’élection des sénateurs, sous réserve de celles particulières de la présente loi.

Article 3 : (1) Chaque région est représentée au Sénat par dix (10) sénateurs dont sept (7) élus au suffrage universel indirect sur la base régionale et trois (3) nommés par décret du Président de la République.
(2) La durée du mandat des sénateurs est de cinq (05) ans.
(3) Les sept (07) sénateurs élus sont rééligibles.
(4) Le mandat des trois (03) sénateurs nommés est renouvelable.

CHAPITRE IV : DU COLLÈGE ÉLECTORAL
Article 11 : (1) Les sénateurs sont élus dans chaque région par un collège électoral composé des conseillers régionaux et des conseillers municipaux.

CHAPITRE X : DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES
Article 25 : Au cas où la mise en place du sénat intervient avant celle des régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux.

Loi n° 2006/004 du 14 juillet 2006 fixant le mode d’élection
des Conseillers régionaux

CHAPITRE IV : DU MODE DE SCRUTIN
Article 17: (1) Les délégués des départements sont élus par un collège électoral composé des conseillers municipaux.

(2) Les représentants du commandement traditionnel sont élus par un collège électoral composé des chefs traditionnels de 1er, 2ème et 3ème degrés autochtones dont la désignation a été homologuée, conformément à la réglementation en vigueur.
(3) Les membres du commandement traditionnel justifiant de la qualité de conseiller municipal, expriment leur suffrage dans un seul collège électoral.

CHAPITRE VIII : DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES
Article 30 : (1) Les membres des collèges électoraux prévus à l’article 17 ci-dessus sont tenus de prendre part au scrutin.

(2) L’État prend en charge les frais afférents à la participation des membres des collèges électoraux au scrutin, suivant les modalités prévues par voie réglementaire.
Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Scores2000
  • : Informations Générales : Sports-Affaires-Société-Economie-Tourisme-Environnement-Informatique
  • Contact

Profil

  • Sylvain Timamo
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

Recherche

Pages

Liens