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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:18

En 2000, plus de la moitié des enfants en Tanzanie n’étaient pas scolarisés – une décennie plus tard, soutenu par l'aide, chaque enfant a accès à l'éducation. Chaque jour, près de 500 enfants – l'équivalent de 16 classes d'école primaire – sont sauvés grâce aux moustiquaires et aux médicaments antipaludiques dont l'achat est financé par les fonds internationaux. La réduction de la dépendance à l’aide et la mobilisation des ressources domestiques sont essentielles, mais un recul de l’APD entraînerait à coup sûr un accroissement important de la pauvreté, l'effondrement de systèmes sanitaires et éducatifs embryonnaires et constituerait un véritable revers pour les progrès accomplis jusqu'ici.

 

Cela dit, beaucoup reste à faire pour améliorer l'efficacité de l'aide au développement. Le manque de transparence sur les chiffres de l’aide réelle, les conditionnalités strictes en matière de politiques économiques, l’imprévisibilité ou encore l’absence de coordination, sont autant de facteurs qui empêchent l’aide d’être la plus efficaces.

Le quatrième Forum de Haut Niveau sur l'efficacité de l'aide, à Busan en Corée du Sud, réunira à la fin de ce mois Ban Ki Moon, Hilary Clinton, des ministres venus des quatre coins du monde et plus de 2000 intervenants. Il doit impérativement être l’occasion de trouver les bonnes stratégies d'amélioration de l'efficacité de l'aide au développement.

Les pays donateurs et les pays bénéficiaires ont en effet souscrit à la « Déclaration de Paris » en 2005 et convenu des points suivants : les pays bénéficiaires gèrent eux-mêmes l'aide, définissent leurs propres stratégies de réduction de la pauvreté, améliorent leurs institutions et luttent contre la corruption. En contrepartie, les bailleurs de fonds changent d'attitude – ils améliorent la coordination et la prévisibilité des flux d'aide et laissent aux pays en développement la responsabilité de gérer l'aide et de stimuler leur propre développement. En outre, les deux parties ont convenu d'un système de suivi international qui permet d'enregistrer les progrès accomplis, de réviser et d'améliorer les aides à venir.

Six ans plus tard, le dernier rapport de l'OCDE (consultable ici) révèle que les pays récipiendaires ont effectivement tenu leurs promesses. Contrairement aux donateurs. Sur 13 objectifs convenus entre les bailleurs de fonds et les bénéficiaires, les premiers n'ont respecté qu'un seul : l'information circule mieux.

La réaction des pays donateurs face à ce résultat médiocre ? Essayer de modifier les règles et faire porter la cause de ces échecs sur les pays en développement. À présent, les donateurs envisagent purement et simplement la restriction ou l'abandon des systèmes de suivi d'aide international destinés à l'amélioration de la qualité de l'aide extérieure. Un recul qui condamnerait  les perspectives d’une APD plus efficace et la transposition concrète des principes de Paris.

Plusieurs donateurs essaient aujourd'hui d'attribuer toute la responsabilité en termes d'amélioration de l'efficacité de l'aide aux seuls pays du Sud. En fait, certains ont même suggéré de retenir l'aide jusqu'à ce que les bénéficiaires produisent des résultats conformes non pas à leurs propres besoins ou priorités, mais aux attentes des donateurs. Un véritable revers dans les progrès réalisés ces dernières années en matière d'amélioration de l'efficacité de l'aide et de lutte contre la pauvreté.

Le forum de Busan doit permettre de rectifier le tir. Si son objectif est atteint, un nouvel accord international sur l'efficacité de l'aide sera conclu. Celui-ci définira les voies et moyens qui permettront de vaincre nos ennemis communs : la faim, la maladie et la pauvreté.

 

L'auteur

Luc Lamprière est le Directeur général d’Oxfam France depuis 2007. Il a auparavant été journaliste en France et en Corée, ainsi qu’au Japon et aux Etats-Unis où il était correspondant du quotidien Libération. Il a également travaillé comme consultant au Mexique, au Soudan et au Kenya.

 

Oxfam France est membre de la confédération internationale Oxfam : www.oxfamfrance.org

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
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