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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 19:57

Cette question qui sert de titraille à cette analyse a pris de l’importance en ces dernières années au Cameroun avec l’opération EPERVIER.

En effet, de la longue liste de personnalités mises sous mandat de dépôt ou  déjà condamné dans les prisons camerounaises, il en ressort qu’une bonne majorité est issue de l’école normale d’Administration et de Magistrature (ENAM) de Yaoundé.  Et pourtant cette école prestigieuse constitue un cadre d’où est supposée sortir la fine fleur de l’administration camerounaise, de la fiscalité, de la magistrature, de la Douane camerounaise etc. or cette saignée qui est faite dans la <chair> des anciens produits de l’ENAM n’est pas pour honorer cette institution sur laquelle les pouvoirs publics camerounais compte. Bien plus, il ya un risque que ces arrestations jettent du discrédit sur le prestige de cette grande école aux yeux tant des jeunes qui voudraient y entrer que des partenaires internationaux qui croient en elle.

Aujourd’hui, le débat autour de ces arrestations des anciens pensionnaires de l’ENAM est amplifié par les polémiques qui caractérisent les concours d’entrée à l’ENAM, concours qu’on qualifie de <mercantiliste>. Dans la perspective de la restauration et de la préservation de la marque <ENAM>, les pouvoirs publics gagneraient à se pencher sur la gestion de celle-ci et sur la qualité de la formation qui y est donnée.

Titan YONKEU, Le Vigile Républicain

Faut-il Décongestionner l’ENAM?

Après la reforme universitaire de 1993, l’on a assisté à la décongestion de l’ex-université de Yaoundé, décongestion qui avait donné le jour à d’autres universités d’Etat. Sur décision du Chef de l’Etat, cette décentralisation de l’enseignement supérieur public s’est poursuivie avec la création des universités de Maroua, Bamenda, et de nombreuses universités privées.

Dans cette dynamique liée à la décentralisation tous azimuts et face aux critiques portées sur l’école normale d’administration et de la magistrature (ENAM) dont l’arrestation des anciens produits et les conditions d’entrée sont questionnées, le débat se porte aujourd’hui sur la décentralisation de certaines filières de cette institution. En effet, de nombreux observateurs avertis estiment que "le fait de former au même endroit des administrateurs, des magistrats, des cadres supérieurs en gestion des finances publiques, des greffiers, n’est pas de nature à assainir la gestion". Les critiques pensent que des amitiés, des copinages et des relations incestueuses tissées au cours de la formation peuvent impacter sur la gouvernance publique. Selon le psychologue Fabien NGAMGOUM  "l’être humain a la faiblesse de mettre en avant son estime pour un ami et de fermer les yeux sur ses écarts de comportement". En d’autres termes, un Sous-préfet, un Préfet ou un Gouverneur peut avoir la faiblesse de « fermer les yeux » ou de « couvrir » les écarts de comportement d’un chef de service qui se trouve être son camarade d’école. Pareillement, un magistrat peut arriver à disqualifier une infraction portée contre un gestionnaire indélicat et bloquer ainsi une action judiciaire lancée contre lui simplement parce qu’ils sont amis depuis l’école.

Il est courant dans les villes, les unités administratives, de retrouver un Préfet, un Trésorier Payeur Général, un Procureur de la République et même un chef de centre des impôts être des promotionnaires, des camarades d’école sortis de l’ENAM. Une telle mayonnaise ne pouvant que générer un cocktail de mal gouvernance tel que vécu en ce moment.

La solution pour les analystes serait de délocaliser certaines filières de l’ENAM dans les autres régions ou localités du pays. Fabien NGANGOUM estime que « les douaniers devraient être formés à Limbé ou Kribi, les Administrateurs pourraient bien être déplacés à Bafoussam ou à Koutaba, les magistrats quant à eux seraient bien lotis à Yaoundé pendant que les fiscalistes seraient bien casés à Douala ou Nkongsamba ».

Cette délocalisation ayant pour avantage de réduire la familiarité qui a cours en ce moment à l’ENAM et contribuera à soutenir la bonne gouvernance dans son ensemble au Cameroun. Les pouvoirs publics appréhendent-ils les choses dans cette perspective ? La question se pose et il va de l’honneur et du prestige de notre pays d’envisager cette décentralisation de certaines filières de formation à l’ENAM.

Titan YONKEU, Le Vigile Républicain

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.

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