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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 11:34

Le tout nouveau Sénat ne comptera aucun élu Rdpc de l’Ouest. Pire, ses grands électeurs iront voter le Sdf dimanche prochain ! Un comble pour les soutiens financiers du régime qui se demandent encore ce qui s’est passé pour qu’ils soient ainsi éjectés de la chambre haute au profit de leurs adversaires. Complot ? Fourberie? L’Ouest ne compterait-il plus que pour du beurre au Rdpc ?

ekombo-raymong-equipe.jpgLes grands électeurs du Rdpc de l’Ouest sont encore groggys. Et avec eux les dignitaires Bamilékés, soutiens financiers du parti au pouvoir. Il leur arrive pour ces sénatoriales, l’un des scénarii les plus improbables de l’ère pluraliste au Cameroun. Ils ont porté à bout de bras le régime Rdpc depuis toujours, l’ont gardé en scelle quand il chancelait dans les années 90. Ils ont plus ou moins triomphé du Sdf qui, un temps, y venait, comme en terrain conquis, draguer des militants et rafler des suffrages.

Ils étaient déjà suffisamment mal récompensés de leurs efforts de n’avoir pas assez de ministres au gouvernement. Mais se consolaient de leurs présences à l’Assemblée nationale et dans les mairies. Ils attendaient les sénatoriales pour faire un raz de marée dans leur région et ainsi consolider la position des Bamiléké dans cette nouvelle sphère de la politique qu’on pourrait éventuellement retrouver dans les autres régions (Littoral en l’occurrence) et dans d’autres partis politiques.

Pourtant, dès l’investiture, ils ont eu la gueule de bois. Pourquoi ? Parce que ceux qui constituent la liste sont de parfaits inconnus. Mis à part la tête de liste François-Xavier Ngoubeyou, plus connu pour sa casquette d’ancien ministre que pour son engagement militant au sein du parti. On se demande d’ailleurs à quel point, son titre d’ancien ministre n’a pas pesé pour qu’il conduise la liste du Rdpc. Ensuite, on retrouve les chefs supérieurs Bandjoun et Baham. S’ils sont connus, c’est pour leurs couronnes et pas pour leur militantisme.

En la matière, ils ne sont pas plus militants qu’un autre. En sont-ils seulement ? Mieux devraient-ils en être ? Ce sont des autorités morales, qui dirigent des communautés aux multiples couleurs politiques. Ils sont censés être au-dessus des partis politiques comme devraient l’être les sous-préfets et les préfets. On se souvient des dégâts que l’engagement politique des chefs supérieurs a causés sur l’équilibre des chefferies de l’Ouest.

Notamment à Bandjoun dont le chef Ngnié Kamga, de regrettée mémoire, alors membre du comité central du Rdpc, avait essuyé mille revers de ses administrés en allant battre campagne pour son parti. Son autorité en prit un coup sérieux et avec elle l’orgueil même des fils Bandjoun. Pour revenir à l’investiture du Rdpc, on devait une autre promesse d’humiliation des deux chefs supérieurs de l’Ouest à l’un de leur fils, Jean Nkuete, pour ne pas le nommer.

Le Bamiléké qu’il est, sait très bien qu’on ne met pas un chef traditionnel, autorité morale et gardien des traditions, en compétition. On attendait de lui qu’il fasse preuve de sagacité pour peser de son poids (en espérant qu’il en a) pour qu’à ce titre, ceux-ci soient plutôt cooptés par le chef de l’Etat comme des sages pour accéder à la haute chambre. Que non !

Paul Biya livre le Rdpc Ouest à Fru Ndi

Première signature de la deuxième personnalité du parti dans sa région d’origine : humilier ses chefs. On n’ira pas jusqu’à envisager l’hypothèse qu’ils auraient pu être battus aux élections. On doit dire qu’Elecam et la Cour suprême leur ont évité cette éventuelle débâcle. Mais vu de l’Ouest, faut-il en rire ou en pleurer ? Il faut simplement en pleurer car, de sauver deux chefs de l’humiliation pour exclure toute une région de représentation dans la chambre haute, c’est très précisément tomber de Charybde en Scylla. Puisqu’à l’arrivée, le Rdpc Ouest ne sera pas représenté au Sénat.

On se demande toujours comment cela a été possible. Qu’a voulu faire le comité central du Rdpc en investissant des porteurs d’eau au détriment des mastodontes du parti ? Voulait-il créer une frustration dont il n’avait pas besoin ? Pour quelle raison les barons du parti ont-ils été écartés ? Mieux encore, comment peut-on comprendre que l’appareil administratif du Rdpc, rompu à toutes sortes d’organisation, n’a-t-il pas vu que la liste de l’Ouest (tout comme d’ailleurs celle de l’Adamaoua) était mal ficelée et courait le risque d’être rejetée ? A l’Ouest, peu de gens croient à l’amateurisme ou à l’inattention de l’administration du parti. Mais bien à la thèse du complot
en faveur du Sdf.

A l’appui de ce soupçon, la frustration injustifiée des piliers du parti lors des investitures. L’intention inavouée n’aurait-elle pas été de créer le mécontentement dans les rangs afin de faire perdre à la loyale le Rdpc au profit du Sdf ? Les Barons éconduits auraient mobilisé les moyens pour faire échec à leur propre parti d’autant plus aisément qu’il s’agit des élections qui, bien que profitant au parti, fait d’abord et avant tout le bonheur du candidat qui verra ainsi son statut changer du tout au tout du jour au lendemain.

Aucun des barons du parti au pouvoir à l’Ouest n’aurait accepté qu’un figurant aille s’installer à la table des rois pendant qu’il mange à même le sol. On peut admirer la subtilité de la démarche. On aurait alors jeté l’opprobre sur les militants de l’Ouest pour justifier le refus de quelques avantages dans le partage du gâteau national.

Mais Elecam et la Cour suprême, officiant en qualité d’alibi démocratique, n’ont pas laissé le plan aboutir. Mais peut-être font-ils aussi parti de celui-ci ! De toutes les façons, la liste du Rdpc a été rejetée. Il faut rappeler qu’avant toutes ces tractations, John Fru Ndi avait déjà commencé les manoeuvres de surenchères auxquelles il excelle. Menaçant même Paul Biya de l’aider à «gâter le pays».

Finalement, il a été reçu par Martin Belinga Eboutou le Directeur du cabinet civil et le Premier ministre Ayang Luc. Au sortir de là, il décide d’aller aux sénatoriales. Quels types d’arrangements a-t-il conclus avec les émissaires du président de la République et président du Rdpc ? Le mystère reste entier là-dessus, mais la gestion qui est faite de la participation de l’Ouest à ces sénatoriales porte à croire que Paul Biya lui aurait fait promettre les sièges de l’Ouest contre la participation de son parti.

C’est d’autant plus vraisemblable que le baron Fotso Victor, choqué par le rejet de la liste de son parti, avait aussitôt rassemblé les maires conseillers municipaux Rdpc de l’Ouest pour leur donner la consigne de voter blanc. Une position qui n’avait pas connu de véritable contestation, tant elle était logique.

Quelle idée en effet, de voter son adversaire quand on a été recalé !

Visiblement hors du coup, le maire de Pète-Bandjoun ramassera une gamelle de la part du comité central. Jean Nkuete lui-même, intervenant à la suite de Grégoire Owono son adjoint, ne passera pas par quatre chemins pour désavouer le militant de base et argentier Fotso Victor : le Rdpc donnera ses voix au Sdf. Ça la fout mal ! La pilule est dure à avaler. Aucun moyen de la dorer.

Jean Nkuete est dans ses petits souliers.

Ses détracteurs, fils de l’Ouest comme lui ainsi que ceux d’ailleurs, boivent du petit lait. Il aura en effet, réussi une prouesse historique : de toute l’histoire des élections représentatives au Cameroun depuis l’Alcam (Assemblée législative du Cameroun), il n’y en a jamais eu où le pari dirigeant ne compte pas de fils de l’Ouest !

On se demande où est passé Paul Biya lui-même dans tout cela. C’est cet homme qui, au plus fort des «villes mortes» à travers lesquelles les Bamiléké lui avait signifié le plus clairement leur mécontentement, déclarait: «Le Cameroun se fera avec l’Ouest ou ne se fera pas». Doit-on y voir une belle formule politicienne aujourd’hui alors que les gens de l’Ouest l’avaient pris au mot et avaient subséquemment cassé les «villes mortes» ? Il n’est pas exclu que le président du Rdpc ait passé cette région par pertes et profits pour amadouer John Fru Ndi qui n’a pas arrêté de faire la fille. Entre le sacrifice d’une région domptée et domestiquée depuis plusieurs décennies et un maître chanteur effarouché, le choix est vite fait.

Source : © Les Nouvelles du pays : Dominique Fopoussi
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commentaires

C
Oh! Quel beau village, il y' a deux ans j'ai effectue mes stages académie a la Mairie de PETE Bandjoun. Le Maire Fotso Victor est un Monsieur de grandeur ainsi que tous son personnel. Que le bon Dieu l'accoorde une longue vie car il honore les ressortissants de l'ouest et non seulement les Bandjounais.
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R
Depuis l’avenue du président Biya au pouvoir, l’ouest sera et demeure en soutien derrière le président Biya et sa politique et ce n’est pas aujourd’hui que cela changera que les mauvaises langues<br /> cessent de s’agiter.
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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.

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