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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 10:54

Par le Professeur Pius OTTOU, Economiste Senior Consultant à la CUN

Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbainede Nkongsamba,

Honorable Député à l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Grands Conseillers,

Pr-Pius-Ottou.JPGDans un esprit devenu au fil des ans une profonde tradition, nous voici à nouveau réunis en la faveur d’une session du conseil de la Communauté Urbainede Nkongsamba, pour plancher sur le projet de budget de l’exercice 2011.

Nous allons donc, sans perdre le temps entrer dans le vif du sujet…

Lorsqu’en 2009, nous avons été mandaté par le Délégué du Gouvernement, pour élaborer un plan de développement triennal de la ville de Nkongsamba, et après une observation des forces et faiblesses jusque là, nous avions compris dès lors que, sans une parfaite maitrise de la politique budgétaire, toute volonté de renouveau de la ville ne serait que vaine illusion. C’est ainsi que nous avions prescrit des mesures fortes pour sécuriser les recettes existantes, et jeter les bases d’une gestion moderne de la Communauté Urbainede Nkongsamba. Nous recommandions également à l’équipe, de tout mettre en œuvre pour stopper la courbe négative qui a entrainé la dégradation de la ville de Nkongsamba, tous secteurs confondus, du fait d’une gouvernance catastrophique mettant en péril l’intérêt public au profit des intérêts privés. Il n’y avait pas d’autre salut que de briser le vieux système qui a enfoui la Commune Urbaine de Nkongsamba dans les sables mouvants, par des actes de corruptions, et de détournements de deniers publics à n’en plus finir.  Rendu en 2010, soit un an et demi plus tard, dire que la prise en main de la ville est devenue une réalité ne serait en rien exagéré, puisque les améliorations sautent à l’œil nu.

L’avenir, dit-on souvent, ne se prévoit pas, mais se prépare.

C’est ainsi que la vision inspirée par le plan de développement triennal, avait mis en exergue de grandes tendances qui animent aujourd’hui avec bonheur la marche en avant de la ville de Nkongsamba. Nous avons su anticiper pour barrer la route aux menaces qui pesaient sur la gestion municipale, car, il est démontré que les villes plus compétitives, sont aussi celles qui investissent le plus dans la réflexion de long terme. Il faut en effet, savoir estimer ses forces pour mieux affronter les obstacles et ainsi profiter des courants porteurs. Notre stratégie n’avait porté que sur trois années pour coller à la proximité du mandat des élus que vous êtes en tant que grands conseillers, afin que vos réalisations parlent pour vous et votre famille politique le moment venu. Le plan triennal de développement avait donc décrit et défini les moyens d’embrasser les opportunités les meilleures tout en évitant les scénarios sombres. Nkongsamba est aujourd’hui, une métropole où la reprise est réelle, la communauté Urbaine a repris des couleurs, puisque le spectre des arriérés de salaires s’est éloigné des travailleurs, alors que cette situation avant notre action, était une pathologie chronique engendrant toutes sortes de déviances. Nous avons fait de la politique budgétaire communautaire, un outil stratégique de développement, voilà pour quoi, pour coller à l’exigence de relèvement substantiel du niveau de production économique et de l’emploi, la Communauté Urbaine s’est imposée un investissement massif et qualificatif, adossé sur la base des indications du Délégué du Gouvernement, inverser la métrique ou règle budgétaire de répartition concurrente des dépenses de la Communauté Urbaineentre l’investissement, c’est-à-dire, le progrès, et le fonctionnement, c’est-à-dire, le maintien, la routine. Cette approche a positionné de manière irrévocable l’investissement, parvenu aujourd’hui à 40%. Quelques chiffres à rappeler :  

En 2009, le fonctionnement avait un taux de 63,95%, contre le taux d’investissement arrêté à 36,05% ;

En 2010, le budget prévoyait pour le fonctionnement 59,39%, contre 40,61%.

Au 30 Octobre 2010, l’exécution du budget 2010 est estimé à 414 796 672 FCFA, soit un taux de 44,37% en trois trimestres, pour un budget arrêté en recettes et en dépenses à 972 375 000 FCFA. Vous remarquerez également que le compte administratif de la communauté Urbaine 2009 est de 289 167 258 FCFA, dont 98 millions FCFA représentant le reliquat des CAC de l’ex-Commune Urbaine à régime Spécial. Je vous signale également que sur une réalisation de 414 millions FCFA et plus au 30/10/2010, il est inclus la dotation spéciale du MINATD de 150 millions pour les projets générateurs de revenus. Les efforts propres à la Communauté Urbainede Nkongsamba représentent donc en 2009, 187 millions, et en 2010, avant le et en 2010, avant le quatrième trimestre qui est ponctué d’un mois complémentaire en janvier, ce qui revient à dire que ces réalisations vont s’accroître, on note un peu plus de 264 millions FCFA, ce qui est un signe de progrès et de bonne gouvernance dans la mobilisation des recettes propres.

PROJET DE BUDGET 2011 :

Les documents que nous avons analysés présentent un budget équilibré en dépenses à 793 884 434 FCFA, soit une diminution de 178 490 566 FCFA (18,36%) par rapport au budget de 2010 (972 375 000 FCFA). Il est réparti de la manière suivante :

RECETTES :

-Fonctionnement : 461 324 434 FCFA (58,11%) ;

-Investissement (emprunt FEICOM) : 332 500 000 (41,89%).

DEPENSES :

-Fonctionnement : 375 100 000 FCFA (47,25%) ;

-Investissement    : 418 724 434 FCFA (52,75%).

Nous remarquons qu’au niveau des recettes, l’emprunt sollicité auprès du FEICOM, dont le dossier est du reste très avancé dans son traitement, ce qui augure bientôt de son aboutissement inéluctable a été budgétisé dans un esprit de certitude que la conjoncture actuelle ne saurait autoriser ; toutefois, pour que le budget de la Commune Urbaine de Nkongsamba ne soit pas un exercice de sorcellerie, puisque  « un tiens, vaut mieux que deux, tu auras », il vaudrait mieux se dessaisir du montant de cet emprunt (333 500 000 FCFA) et s’appuyer sur les réalisations du budget 2010 au 30 Octobre ; l’exercice ici, consiste à faire le tiers des 414. 796. 672 réalisés, ce qui donne 138 265 557 ; ainsi votre budget 2011 devrait normalement et en tout réalisme, se situer entre 570 millions et 590 millions avec 60% pour le fonctionnement, et 40% pour l’investissement (contre 40,61% en 2010). En rappelant que le budget est un exercice prévisionnel, le succès n’est pas adossé a l’énoncé des chiffres sans cesse en hausse, mais, à la répartition concurrente des dépenses (investissement et fonctionnement).

L’autre chose importante à signaler est la hausse des salaires, sur les dépenses de fonctionnement estimées à 375 100 000 (47,25%) du budget global, représentant presque 35% du fonctionnement (34,88% très exactement) soit, environ 131 285 000 FCFA. J’ai déjà rappelé à plusieurs reprises que la seule façon de réduire les dépenses de fonctionnement, c’est traquer toute forme de gaspillage et donc nettoyer le fichier du personnel. Ne pas avoir le courage de le faire maintenant, vous rattrapera rapidement à court terme que vous le vouliez ou pas. Le nouvel organigramme de la Commune Urbaine de Nkongsamba, validé parce que pertinent, entraînera des coûts supplémentaires, lesquels, sans une démarche intelligente concertée entre les juges de l’opportunité et de la régularité, pourraient nuire au bon fonctionnement de la Communauté Urbaine.

PARLONS A PRESENT D’AVENIR.

   En dépit des remarques ci-dessus formulées, pour lesquelles je maintiens la nécessité d’une vigilance de tous les instants, les grands équilibres sont respectés dans le projet de budget 2011.

Le plan de campagne proposé, est fidèle au plan de développement triennal, il tient également compte des exigences d’innovation ; il est donc prévu ce qui suit :

1-Mise en place de la brigade d’engins lourds ;

2-Aménagement des bureaux des responsables et adjoints du délégué ;

3-Réhabilitation du logement du secrétaire général ;

4-Construction du rond point du marché central ;

5-Rattrapage des projets non réalisées en 2010 ;

6-Création d’une pépinière communautaire pour le développement des plantes de convenance urbaine.

Il est très indispensable d’accroître les fonds propres de la Communauté Urbaine, autant que faire se peut, par une mobilisation accentuée des recettes fiscales, au lieu de s’enliser dans les misères que sont les taxes communales et d’exploitation du domaine et des services communaux. Il est également important de ne pas céder à l’endettement excessif ; je propose que le Délégué du Gouvernement mette sur pied, un comité ad-hoc pour faire un état de rapprochement des manques à gagner fiscaux de la Communauté Urbainedu fait de l’unicité des caisses, et que cet état de rapprochement débouche sur la signature d’une convention CUN-MINFI-DG/Impôts ; il est également important de réfléchir à un nouveau plan de développement de la Communauté Urbaine, qui sera quinquennal, plan à élaborer avant la fin du second semestriel 2010, pour éviter de retomber dans la navigation à vue.

Les équipes de la Communauté Urbainede Nkongsamba devraient gagner le pari du leadership administratif pour que d’autres actions d’envergures soient encore envisagées en direction du FEICOM, d’autres bailleurs de fonds, de la coopération internationale décentralisée, du partenariat  « public-privé » (loi 2006).

La loi 2009 porta fiscalité locale, a sorti de l’assiette fiscale des Communauté Urbaine, les taxes d’abattages, les OTVP, au profit des Communes Urbaines d’Arrondissement. Elle a en revanche mis en exergue :

-la taxe développement locale en remplacement de la taxe communale, à prélever sur les salaires à partir de 50 000 FCFA ;

-la taxe de stationnement, avec une nouvelle dynamique incluant les motos taxis dont il est impératif de maitriser le fichier.

Il est par conséquent nécessaire que le Délégué du Gouvernement, exerce un plaidoyer et un lobbying auprès de ses paires nouvellement créés afin que la clé informatique qui ne donne pour l’instant la part belle qu’aux communautés urbaines de Douala et Yaoundé, même pour des quottes parts de recettes fiscales qui ne sont pas les leurs, subisse une modification opérationnelle. Je vous recommande également, Mesdames et Messieurs les Grands Conseillers, Honorable député à l’Assemblée Nationale, mettre Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents des Sections RDPC du Moungo, de vous mettre en ordre de bataille pour demander la création d’un centre d’enregistrement, du timbre et de la curatelle, à Nkongsamba, pour sortir de la dépendance problématique de celui de Bonabéri, alors que la ville de Nkongsamba dispose de quatre charges de Notaires. Il est également important de mettre fin au flou qu’entretiennent les services des impôts du Littoral basés à Douala, sur la dette fiscale de la Communauté Urbaine de Nkongsamba, flou impliquent des compensations qui avalent considérablement les ressources de la Communauté Urbainede Nkongsamba, alors que la loi n’autorise pas ce procédé ; l’implication d’un juriste (avocat) serait de bon ton.

Voilà Monsieur le Délégué du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Grands Conseillers, ce que nous avons préparé à votre intention.

Que Dieu Bénisse Nkongsamba.

Je vous remercie pour votre aimable attention. 

Contact Rédaction : +237 33 49 18 21 / +237 99 45 19 20 / +237 78 89 40 92

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commentaires

A
<br /> Le Pr Pius Ottou est un homme intéressant. Seulement, Combien gagne-t-il pour ses prestations à la Communauté Urbaine de Nkongsamba?<br /> <br /> <br />
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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique &quot;Le Chasseur&quot;.

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