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EN INTEGRALITE LA LETTRE OUVERTE DE KAH WALLA, Lettre Ouverte au Parlement du Cameroun
Mesdames et Messieurs les représentant/es du peuple camerounais,
Il y a 54 ans, le Cameroun Oriental et le Southern Cameroons, en se réunissant, reconstituaient le Cameroun.
La Réunification, tout comme l’Indépendance étaient l’aboutissement de luttes et d’actions menées par des patriotes. Pour le peuple camerounais, ces hommes et ces femmes sont, sans contredit, des héroïnes et des héros.
Il y a quelques semaines, le Cameroun fêtait le cinquantenaire de la Réunification. Un cinquantenaire est un moment unique dans la vie d’un peuple. Un moment historique constitutif de sa mémoire collective. On attendait une célébration, il y a eu quelques défilés et un discours. Dans ce contexte de célébration à minima, on attendait beaucoup de ce discours présidentiel, pour « remettre les pendules à l’heure ! ». On attendait l’hommage solennel de la nation aux acteurs et actrices les plus emblématiques de la Réunification. Hélas, semblant mourir sur les lèvres présidentielles, ces noms qui vivent dans le cœur de tous/tes les Camerounais/es, n’en sont pas sorti/es.
Oui, honorables représentants du peuple ! Ces noms vivent dans le cœur de chaque Camerounais.
S’insurgeant contre l’oubli dans lequel certains ont voulu enfermer ces héros et héroïnes, les martyrs de la liberté, des hommes et des femmes s’organisent collectivement ou individuellement pour leur rendre le vibrant hommage qui leur est dû ; le devoir de mémoire. On citera à titre d’exemple : l’Union des Populations du Cameroun (UPC), le Cameroon People’s Party (CPP), le Social Democratic Front (SDF), la Nouvelle Dynamique Nationaliste Africaine (NODYNA), la Fondation AfricAvenir International, la Fondation Ngosso Din, Joe la Conscience et beaucoup d’autres.
Mesdames et Messieurs les parlementaires, quand le peuple souverain exprime aussi clairement, aussi nettement son droit à honorer ses héros et héroïnes, votre devoir est d’en prendre acte, sinon vous commettriez un « crime de lèse-majesté populaire » ; en quoi seriez-vous donc encore les représentant/es du peuple camerounais ?
C’est pourquoi, nous vous demandons solennellement de :
Mesdames et Messieurs les représentants du peuple, le passé ne se récuse pas !
Pas plus que l’histoire ne s’efface. Bien au contraire, regardez les grandes nations : le passé et l’histoire sont des points d’appui pour avancer et affronter les défis de l’avenir.
Pensez-vous qu’un peuple qui n’est pas profondément réconcilié avec lui-même, qui ne construit pas sa mémoire collective à travers la reconnaissance de ses héros et héroïnes, puisse se développer véritablement?
Comment se cimente l’unité nationale ? Comment se construit l’identité nationale ? Puissiez-vous y réfléchir ?
Mesdames, Messieurs les représentant/es du peuple camerounais,
Cette lettre ouverte n’est pas une supplique. Elle ne fait pas appel à votre générosité, mais à votre sens de la raison.
Si vous n’instaurez pas aujourd’hui, cette « journée nationale des héroïnes et des héros de la liberté », si vous n’accédez pas à ces exigences du peuple, demain vos successeurs, n’en doutez pas une seule seconde, le ferons. Ils le feront car telle est la volonté du peuple souverain.
Nous le ferons avec ou sans vous. A vous de savoir si vous irez dans le sens de l’histoire ou contre l’histoire de votre pays. Vous avez été, avec regret, les représentants du peuple qui ont assisté à une sombre célébration du passé. Soyez plutôt, avec fierté, les représentants du peuple qui permettront à ce passé, d’éclairer l’avenir.
Ces femmes et hommes sont morts par amour pour le Cameroun.
Il est temps de légiférer, pour qu’ils/elles vivent dans l’amour des Camerounais/es d’aujourd’hui et de demain et pour toujours.
C’est leur droit, c’est notre devoir !
Pour le Cameroon People’s Party, Kah Walla (è)
Présidente Nationale