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Plus de 5 jours depuis le début des bombardements des plusieurs sites stratégiques en Iran et la mort de l'Ayatolah Khamenei, le Proche-Orient est en ébullition. Entre les attaques israélo-américaines et les répliques de l'Iran, l'équilibre du monde n'a jamais été autant fragile. Pourquoi cette guerre maintenant et que cherchent réellement les américains ? Éléments de réponse.
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La Maison Blanche, dans une communication très équivoque a, quatre jours après les frappes contre l'Iran, laissé croire que Israël a agi pour prévenir une attaque programmée contre lui par le régime de Téhéran. Robert Marley, ancien Envoyé spécial de Obama et Biden dans la région qui par ailleurs estime que l'action de Trump est illégale, n'est pas d'avis. '' Trump a commis une erreur et cette erreur ne fait que s’accentuer chaque jour depuis le début de cette opération car le moment est mal choisi et les justifications autant que l'issue souhaitée ne poussent pas à l'optimisme '', argumente-t-il. '
Ces propos du diplomate américain font l'unanimité. Dans bien des capitales du monde - Moscou, Pékin, Madrid voire Dakar- cette guerre est très ma' appréciée et les mises en garde, les condamnations et les protestations se multiplient. Au moment où l'escalade prend des proportions inquiétantes, Moscou se signale. '' Cette opération est une violation cynique de la morale et des normes du droit international" a dénoncé Vladimir Poutine qui, du reste, prévient contre "toute surenchère''.
Pékin, qui achète 80 % du pétrole iranien, a affirmé sa colère à la suite des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et leur impact sur la marche de l’État iranien. Le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, a jugé, dimanche 1er mars, inadmissible l'opération israélo-américaine. '' C'est inacceptable d’attaquer l’Iran en pleines négociations et, encore plus, d’assassiner le dirigeant d’un pays souverain pour y provoquer un changement de régime », a-t-il déclaré.
L'Espagne a, dès les premières frappes, condamné l'opération tout en désapprouvant une action qui a eu lieu au mépris des règles des Nations-Unies. En Afrique, Dakar a haussé le ton. Ousmane Sonko, premier-ministre sénégalais et leader du parti Pastef au pouvoir, a estimé que les américains n'ont pas le droit d'aller bombarder des pays souverains et d'éliminer leurs dirigeants. "Nous ne sommes pas d'accord avec cette façon d'agir", a-t-il martelé dimanche soir dans le cadre d'une visioconférence avec des militants de son parti.
Moscou et Pékin se contentent des désapprobations
Des mots et rien que des mots, c'est ce que l'on peut déduire de la réaction des alliés de l'Iran.
Dans une posture délicate face aux attaques israélo-américaines, le régime iranien ne peut vraiment pas compter sur l’appui de la Russie et de la Chine avec lesquelles il est pourtant allié. Car, depuis le début samedi 28 février de l'opération '' Lion rugissant '' pour les israéliens et '' Fureur épique'' pour les américains, Vladimir Poutine s’est contenté de dire sa désapprobation dans des communiqués. La Chine, elle, au-delà d'une colère vigoureuse, n'a rien fait non plus pour soutenir l'Iran. Du coup, le pays des Ayatolah sans Khamenei est plus vulnérable que jamais. Malgré ses ripostes aux bombardements qu'il subit, combien de temps peut-il tenir ?
Pour les américains, l'objectif principal est de faire tomber le régime islamique qu'incarnent les Ayatollah et les gardiens de la révolution. Mais cette option nécessite un soulèvement du peuple iranien qui n'a pas encore eu lieu malgré les premiers soubresauts de révolte qui ont été vite contenus. Et, aussi, l'option de rechange que prévoit les américains, à savoir porté au pouvoir Reza Pahlavi, le fils du Shah d'Iran qui vit en exil à Washington, ne suscite pas la passion chez les iraniens.
Le pétrole de tous les dangers
Les sanctions imposées à l'Iran l'ont rapproché de la Chine et de la Russie qui sont devenus des alliés qui lui permettent d'écouler son pétrole et surtout de poursuivre son programme d'armements, notamment nucléaire. Mais si visiblement, les américains donnent l'impression de vouloir désarmer l'Iran pour réduire ce qu'ils pointent comme une menace contre la paix dans la région, en réalité, la raison de la guerre est le pétrole.
Grâce au pétrole bon marché acheté au Venezuela et à l'Iran, la Chine a pris une longueur sur les américains dans la course à la puissance. Et c'est là qu'est parti la stratégie de Trump qui consiste à mener la guerre à la Chine sans l'affronter.
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Ainsi, après le Venezuela, qui est passé à la moulinette de l'unilatéralisme américain, l'Iran est donc naturellement l'autre moyen pour les États-Unis de freiner l'essor de la Chine don't des projections présentent comme la première puissance économique du monde en 2026. Mais pourquoi donc la Chine et la Russie sont attentistes ?
Selon Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS, Institut des relations internationales et stratégiques basé en France, les réactions de la Russie et de la Chine sont très mesurées jusqu’à présent. '' Les deux États ont exprimé leur désapprobation et leurs condamnations des opérations américaines et israéliennes, en expliquant — à juste titre d’ailleurs — que ces opérations contrevenaient au droit international. Mais cela s’est arrêté là : ni la Russie ni la Chine n’ont pris d’initiative visant à contrebalancer les opérations militaires en cours'', soutient-il. Mais, discrètement, la Russie soutient l’Iran avec lequel il a une coopération militaire. La Chine tout autant soutient discrètement l'Iran. Cependant, pour éviter de créer du désordre au désordre, la Chine ne tient pas à amplifier son soutien militaire et moins encore, à entrer dans une guerre qui n'est pas encore de nature à affecter ses intérêts.
Mohamed Mboyo Ey'ekula et Sylvain Timamo
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