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Par Sylvain Timamo
La Salle de la Croix-Rouge Camerounaise à Yaoundé a servi de cadre, ce 22 avril 2026, à la première réunion statutaire du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). Présidée par le Ministre de la Santé Publique, cette session s’est tenue dans un contexte particulier, marqué par une contraction significative des financements internationaux dédiés à la riposte contre le VIH/Sida.
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D’entrée de jeu, le patron de la santé au Cameroun a salué la mobilisation des acteurs multisectoriels, administrations publiques, partenaires techniques et financiers, société civile, rappelant que la lutte contre le VIH ne saurait être l’apanage d’un seul secteur. Une approche concertée et inclusive demeure la clé pour atteindre l’objectif ambitieux d’élimination du Sida à l’horizon 2030.
Une riposte mise à l’épreuve des financements
Depuis 2025, la réponse nationale fait face à une pression accrue liée à la baisse des appuis extérieurs. Cette situation a engendré des perturbations dans l’offre de services, notamment en matière de prévention, de traitement et de prise en charge des personnes vivant avec le VIH.
Pour y faire face, le Gouvernement a activé un plan de mitigation visant à garantir la continuité des soins. Celui-ci repose sur plusieurs leviers : maintien de l’accès aux antirétroviraux, réorganisation des ressources humaines, redéploiement des bénéficiaires vers des structures fonctionnelles, et surtout, recherche de financements alternatifs avec une orientation vers la souveraineté sanitaire.
Un accent particulier est également mis sur la transition communautaire, avec un rôle renforcé de la société civile dans le suivi des patients et la dispensation des traitements.
Des résultats encourageants malgré les défis
Malgré ce contexte contraignant, les indicateurs de la lutte contre le VIH au Cameroun restent globalement positifs. Selon les dernières données issues de l’enquête CAMPHIA, la prévalence nationale chez les 15-49 ans est passée de 2,7 % à 2,6 %, confirmant une tendance à la baisse amorcée depuis plusieurs années.
Cependant, des disparités persistent, notamment une féminisation marquée de l’épidémie, les femmes représentant près des trois quarts des nouvelles infections. Chaque année, environ 21 000 nouveaux cas sont encore enregistrés, ce qui appelle à un renforcement ciblé des interventions.
Des innovations pour accélérer la riposte
Face à ces enjeux, plusieurs initiatives structurantes sont en cours de déploiement :
• L’introduction de l’algorithme à trois tests, recommandé par l’OMS, qui améliore la fiabilité du diagnostic du VIH ;
• Le programme Find Every Child (FECH), qui vise à renforcer le dépistage et la prise en charge des enfants et adolescents, avec déjà des résultats tangibles sur le terrain ;
• La réappropriation nationale des interventions, illustrée par la rétrocession progressive de certaines régions, comme l’Ouest, désormais pilotées directement par le Ministère de la Santé Publique après le retrait de certains partenaires internationaux.
Ces actions traduisent une volonté claire de renforcer l’autonomie du système de santé camerounais, dans un contexte de raréfaction des ressources extérieures.
Cap sur 2030 : un engagement renouvelé
Au-delà des chiffres et des stratégies, cette première session du CNLS pour l’année 2026 a surtout été un appel à la remobilisation générale. Le Ministre de la Santé Publique a invité les participants à des échanges francs et orientés vers des solutions concrètes, capables de préserver les acquis et d’accélérer la dynamique vers l’élimination du Sida.
Dans un environnement mondial incertain, le Cameroun entend capitaliser sur son expérience, son approche multisectorielle et l’engagement de ses communautés pour maintenir le cap.
Un mot d’ordre : transformer les défis en opportunités
Alors que la lutte contre le VIH entre dans une phase décisive, le défi est désormais clair : transformer les contraintes actuelles en opportunités d’innovation et de souveraineté.
Plus que jamais, la riposte nationale devra s’appuyer sur une solidarité renforcée, une gouvernance efficace et une mobilisation accrue des ressources internes.
Le rendez-vous est pris. 2030 se rapproche. Et avec lui, l’espoir d’un Cameroun sans Sida.
Par Clavère NKEN, CCM
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