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Par Sylvain Timamo
Écoute plus souvent, les choses que les êtres, la voix du feu s'entend, entends la voix de l'eau. Écoute dans le vent, le buisson en sanglots, c'est le souffle des ancêtres.....
Cet extrait de poème de l'écrivain BIRAGO DIOP, est la mise en bouche de notre balade intellectuelle, l'analyse de ce qu'il est convenu de nommer aujourd'hui, une véritable gangrène sociétale, entendez : " l'éducation".
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Puisque le mot est lâché, vous comprenez qu'on tablera aujourd'hui sur l'éducation.
Et l'occasion s'y prête, car ce lundi 5 octobre 2026, est journée mondiale des enseignants.
Une journée pour laquelle , le Cameroun se joint au reste de la communauté internationale, pour commémorer, la 32 ieme édition, des chevaliers de la craie.
La lame de fond retenue pour la circonstance est libellée ainsi : " protéger et renforcer la profession enseignante, dans un monde en mutation rapide".
Et à partir de cet instant, des questions fusent de toutes parts.
Voulons-nous des enseignants frustrés, fâchés, qui risquent de paralyser l'école au Cameroun ?
La preuve, regardons tous la grève amorcée, depuis le 3 septembre 2026, par les enseignants des universités, à travers, le syndicat national des enseignants du supérieur ( SYNES).
Souhaitons-nous sacrifier l'avenir de nos enfants cette année, dont on vante à hue et à dia, comme étant le fer de lance de la nation ?
Peut-être demain, le fer de menace de la nation. Alors que l'ancien président Sud-africain Nelson Mandela de regretté mémoire, présentait l'éducation comme l'arme la plus puissante qu'on puisse léguer aux générations futures.
De façon analytique, arrêtons-nous un temps soit peu, pour restituer les faits.
Dans ces remous sociaux, le gouvernement a-t-il fait quelque chose ? Nous répondons Oui, mais de légères avancées enregistrées.
En 2023, le ministre du travail, et de la sécurité sociale, Grégoire OWONA, avait engagé un dialogue social, pour trouver des voies et moyens, pour résorber la crise.
Plus fort encore, le président de la République, Paul BIYA avait effectué une ordonnance, qui autorisait le paiement d'une dette de près de 200 milliards de FCFA, au bénéfice des enseignants du secondaire.
Question : qu'est-ce qui coince ?
Il vous souvient de la grève des enseignants, qui a généré, sinon enrichi, le vocabulaire au Cameroun, avec les expressions : OTS, et OTA, c'était un lundi 21 février 2022.
Souvenez-vous qu'une autre crise qui perdure aujourd'hui au Cameroun, a débuté, le 11 octobre 2016, où, on avait mâté, les enseignants et les Hommes en robes noires.
Et le résultat aujourd'hui, tout le monde le connait. Pourtant l'État souligne qu'il a résolu le souci des seigneurs de la craie.
Mais les enseignants sont-ils seulement de mauvaise foi ?
RÉCLAMATIONS DES CHEVALIERS DE LA CRAIE !
Lesdits professeurs réclament entre autres :
Prise en solde et intégrale dès l'entrée à l'ENS, primes, améliorations des conditions de travail, avancements automatiques, révision à la hausse du traitement indiciaire, et donc, salarial.
Serait-il surérogatoire de rappeler que, Hamidou, qui est le symbole même de cette lutte, un enseignant du Nord, a fait 10ans, sans rémunération, alors qu'il est décédé. Et après son décès, c'est seulement en 25 minutes et ce, avec une vitesse- éclair, que son dossier a été traité.
LE GRIFFITH GOUVERNEMENTAL!
Saviez-vous, que le mardi 3 octobre 2023; 7 ministres du gouvernement se sont réunis, pour tenter de résoudre la crise ?
Jusque-là, les syndicats de l'éducation boudent.
Un ministre de la République, avait même osé une réunion avec les syndicats, mais a déclaré, qu'il ne veut pas entendre parler de : OTS et OTA, et qu'ils sortent de la salle des négociations.
Plus grave encore, mardi 3 octobre 2023, un gouverneur de région au Cameroun, avait menacé un enseignant, et a influencé pour l'affecter à Malaga.
Pourtant le seul professeur de sciences physiques, dans le lycée où, il était anciennement.
Ce qui avait causé l'effet inverse escompté, c'est-à-dire la radicalisation de ses collègues.
TRAITEMENT À GÉOMÉTRIE VARIABLE !
Aux enseignants du logone et chari , dans le Nord du Cameroun, vous qui n'êtes pas assez célébrés, alors que vous abattez un travail fourmi.
Ce ne sont pas les voitures rutilantes, de dernière génération, qu'il faut saluer sur la route.
Ces hauts fonctionnaires, avec les avantages, qui donnent du tournis.
Ce sont eux, craie à la main, cœur en feu, debouts à l'aube, ceux qui nous ont appris à lire, quand nous n'avions que des gribouillis en robe.
Ô enseignant de Makary, de Goulfei, de Kousseri, et de logone birni.
Enseignant qui corrige nos cahiers, même quand la lampe est éteinte chez toi, gloire à toi.
Alors que Montesquieu, nous enseignait que, : << l'éducation consiste à nous donner des idées, et la bonne éducation, à les mettre en proportion>>.
Pour redonner à cette profession, ses lettres de noblesse, que les dirigeants se penchent sur les revendications des enseignants.
Car l'enseignement n'est pas seulement une vocation, mais aussi une source de revenus, pour ces braves soldats, d'un autre domaine.
Regardons tous la situation de notre pays, qui n'est déjà pas enviable.
Nous rendrons tous gorge devant DIEU !
Patrice Elongbil Ngoma, Journaliste/éditorialiste,
analyste Géopolitique, archiviste
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