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Ainsi donc, aux dernières nouvelles, Ndedi Eyango, membre de l’équipe nationale du Makossa, ne serait pas (ou plus) Camerounais. La nouvelle, qui est tombée dans les derniers jours de 2013, et qui a une fois de plus mis dans l’impasse le droit d’auteur au pays des Lions Indomptables, cette nouvelle a surpris plus d’un et n’a pas manqué d’inquiéter ceux d’entre nous qui tirons une grande fierté du talent des enfants du pays de nos ancêtres.
Il n’est pas dans mes habitudes de me répandre en tribunes libres ou autres débats de salons, mais, je me suis senti interpelé au plus profond de moi-même. Interpelé parce que par dessus tout, moi le grand voyageur, je sais à quel point le talent de certains de mes compatriotes m’a rendu fier d’appartenir à ce triangle béni par les dieux qu’est le Cameroun. Ne nous le cachons pas, notre pays s’identifie à plusieurs égards comme la patrie de Manu Dibango, comme le pays de Roger Milla, comme la terre de Samuel Eto’o, Joseph Antoine Bell, thomas Nkono, Richard Bona, Calixte Beyala, Maka Kotto, Eric Maxime Choupo Moting, Denise Epote Durand, Aladji Touré, Wes Madiko, Yannick Noah, Mbah à Mouthé , Sam Fan Thomas, Marie Roger Biloa, Amobe Mevegue, Françoise Mbango ou Ndedi Eyango.
Oui, ces enfants de notre terre qui, parce qu’ils ont excellé dans une discipline les projetant sous les feux de la rampe, ont su par leur talent et par leur amour de notre drapeau, magnifier l’image de notre pays. Cameroun, beaucoup t’envient de déborder de tant de génie, beaucoup veulent que tu leur prête un peu de ce que tu as en abondance : le savoir faire et l’esprit de gagne qu’ont cultivé depuis des décennies tes fils, qu’ils soient sportifs, hommes des arts ou des lettres.
Je me sens interpelé par l’actualité autour du cas Ndedi Eyango parce que j’estime que cette actualité constitue un précédent fâcheux et peut-être grave. Comment en effet comprendre que naisse ce jour un débat sur la nationalité de cet artiste que personne, du moins de ceux qui sont mes contemporains, ne peut objectivement affirmer ne pas connaitre dans l’univers camerounais et même bien au delà. En 2004, je séjourne à Mombassa au Kenya, dans le cadre d’une conférence professionnelle. Et comme il est de tradition, la soirée de clôture de notre rencontre se prolonge dans le night club branché de la ville. Au milieu d’une longue série de musiques américaines, combien agréable est ma surprise d’entendre le DJ annoncer la séquence Makossa, et de lancer le très classique « African Typic Collection » de Sam Fan Thomas suivi du non moins classique « You must calculer » de Prince Ndedi Eyango.
Tout à ma fierté, je m’élance sur la piste de danse et au bout de quelques minutes, je m’aperçois qu’un cercle s’est formé autour de moi. Je deviens le temps de deux chansons la vedette du night club parce que je danse à la Camerounaise. A mon retour de ce voyage Kenyan, j’ai du chercher, acheter et expédier le CD du Prince des Montagnes à mon collègue Zambien Mbuga Gecaga qui m’a assuré que le titre « You must Calculate » (ils disent ainsi dans les pays d’Afrique orientale et australe) était l’un des titres, avec « Zangalewa» et « African Typic Collection » qui ont fait connaitre la musique Camerounaise dans toute l’Afrique Australe.
Pour en revenir à ma pensée première, je voudrais faire une série de constats et me poser quelques questions :Les constats :
Sed lex, dura lex diront certains. La loi au Cameroun ne nous donne pas le droit d’avoir deux nationalités. Mais le Cameroun, depuis de très longues années a su faire preuve d’une large tolérance dans l’application de cette loi, parce que par nécessité, certains de ses fils, parfois parmi les plus « vendeurs », ont du, par souci d’efficacité, transgresser la lettre de la loi, mais sont, dans l’esprit, restés aussi CAMEROUNAIS que vous et moi. Cette tolérance est devenue une coutume. Dans la plupart des traditions juridiques, la coutume, au même titre que la jurisprudence est une source de droit.
Pour ce qui est de Ndedi Eyango, ses frères que sont Christian Mike, Serge Constant Ebene ou Jean Jules Ebongue Ngoh, que je connais particulièrement depuis l’enfance, vous le confirmeront : il est né à Ngalmoa (Mungo) et a, aux côtés de Toto Guillaume, Aladji Touré, Valéry Lobé, Ebeny Donald et autres Moni Bille, Guy Lobé, fait les beaux jours de notre équipe nationale du Makossa.