La menace des lourdes amendes pécuniaires qui plane sur les grandes surfaces financières, magasins, boulangeries et autres commerces à visage et au site identifiable, les oblige à se mettre au pas de peur de subir les représailles.
Samedi, 19 avril 2014. Il est un peu plus de 9 heures au supermarché « Santa Lucia » quartier « Ngousso». En pareille occasion de la journée, l’espace grouille de monde. Aucune trace d’emballage plastique. Devant les caissiers, les chargés de faire les emballages, tout comme dans les rayons boulangerie et charcuterie, la clientèle qui allongent les longues files, piaffe d’impatience. Les mouvements d’humeur, les sifflements et l’indignation fusent de toute part. Le service est lent. Les pesanteurs observées, sont liées à l’impossible utilisation des emballages plastiques non biodégradables. « La date limite est dépassée de 24 heures. Les amendes encourues sont énormes. Il vaut mieux ne pas tenter le diable » avoue un des employés affectés au service du contrôle et de l’emballage. Il est à la merci des protestations. Le manque de célérité lié au système défectueux d’emballage fait craindre une autre frayeur. Les conditions d’hygiène sont alarmantes.
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Le contexte est dominé par la débrouille et les improvisations. Un tour d’horizon des grandes surfaces, boutiques et magasins de Yaoundé, laisse entrevoir comment depuis vendredi, durant tout le weekend (la situation persiste, il est difficile d’obtenir un service de qualité : les petits plats de crudités, la charcuterie autrefois couverts des plastiques, sont servis à l’air libre ; les pots de yaourt, les glaces, de la confiture, des morceaux de poulet, du haricot, des beignets, du fromage, sont servis, soit dans du papier journal recyclé, dans des chutes de papier d’imprimerie ; sinon à mains nues. Le bon vieux papier de ciment ou celui de farine a repris droit de cité. Il en est des invendus de journaux. Les vendeurs de pain, des croissants, les beignets et autres produits de boulangerie, s’attardent pour plus de temps, à fabriquer de petits sacs de fortune, sans épaisseur, ni relief où, sont servis certains produits. La perte de temps est énorme, puisqu’il faut au fur et à mesure, faire appel au scotch ou à des agrafeuses pour atteindre l’objectif. « Pour servir un client, nous passons plus de temps que d’habitude. On est plus épuisé que jamais, pour une quantité de travail qui est moins que ce qui est fait d’ordinaire. Notre boss était ici il y a peu de temps. A l’observation, il a compris qu’il faut faire quelque chose, si l’on veut maintenir la clientèle » explique un employé.
Dans l’un des supermarchés au capital d’estime avéré comme le « Casino », le service après encaissement, se fait à main nue. Systématiquement. S’observent dans les différentes surfaces: un manque d’enthousiasme, pour un service incomplet et délabré. Outre la proximité, les conditions d’hygiène sont approximatives. Plus grave, les risques massifs de contamination, à cause de la manipulation pêle-mêle et sans grande précaution des marchandises, fait planer des épidémies.
La peur du gendarme
En même temps que l’on peut s’interroger sur le rendement et la qualité de service, il y a lieu de reconnaître que l’effet de surprise (suspecte) et la grande improvisation à laquelle sont lancés les propriétaires et gérants des multinationales et les commerces, s’expliquent par l’aveuglement et l’affairisme tous azimuts. A cela s’ajoute, l’habitude de la désinvolture et de l’indiscipline caractérisée qui a définitivement fait son lit dans les comportements des Camerounais. Ne sommes-nous pas dans le pays de « bi aka boo naalaa, njom teke boo… ». Traduction, « nous avons l’habitude de faire comme ça, mais rien n’arrive ». Dans bien des cas, en d’autres occasions, des rappels à l’ordre ont été faits ; des menaces exprimées ; mais l’on a rarement franchi le cap de l’offensive et de la répression. Pendant longtemps, la sensibilisation a été faite sur la fin de règne des emballages plastiques non biodégradables.
Beaucoup se sont dit : « le chien aboie, la caravane passe… ». On ne voyait pas la répression à outrance. En lisant entre les lignes de l’interdiction des emballages non biodégradables, tout laisse croire que ceux qui pilotent l’opération, sont décidés et déterminés à aller jusqu’au bout. Aucun gérant ne veut courir le risque, une fois épinglé de payer des sommes exorbitantes qui pourraient ruiner son activité ou son commerce. La peur du gendarme n’est-elle pas le début de la sagesse ? L’on peut spéculer sur les improvisations gouvernementales, les questions de timing et de vitesse de l’implémentation de cette décision ; mais il reste que pour une fois, un ministre a trouvé le remède pour discipliner et mettre au pas les Camerounais. Le Camerounais n’obéit que sous la crainte de la chicotte et lorsqu’on lui met le feu aux fesses. Décidément !
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