Les discours marquants de cette journée pour ainsi dire, ou plutôt les interventions magistrales proviennent des personnalités suivantes : M. Younes Sekkouri, Ministre de l'Inclusion Économique, de la Petite Entreprise, de l'Emploi et des Compétences au Maroc; Mme Elma Saiz Delgado, Ministre de l'inclusion, à la Sécurité Sociale et la Migration en Espagne; Mme Patricia Llombart Cussac, Ambassadrice de l'Union Européenne au Maroc; Mme Gladys Cisneros, Cheffe, Branche Migration de Travail à l'Organisation Internationale du Travail (OIT) au Maroc.
A l'unisson, ces personnalités ont magnifié le projet WAFIRA sur la migration légale. Il est connu de tous que les accords bilatéraux de migration entre l'Europe et l'Espagne permettent de compléter les besoins en main d'œuvre saisonnière tout en offrant des possibilités supplémentaires de revenus aux travailleurs migrants circulaires. Afin de pérenniser et d'optimiser les effets positifs de la migration circulaire, pour les travailleurs et leurs communautés ainsi que pour les pays partenaires, le projet pilote WAFIRA a testé une approche innovante, misant sur la réinsertion durable et l'autonomisation économique des travailleuses saisonnières marocaines en Espagne".
De l'accord qui précède, Mme Jeanne Schmitt, Conseillère Principale du projet WAFIRA et les équipes opérationnelles ont sensibilisé 287 femmes marocaines sélectionnées sous le contrôle de l'OIT. De cet échantillon, 230 femmes présélectionnées ont finalisé leur formation dans des domaines comme le commerce général, l'agriculture, la pâtisserie, la boucherie et bien d'autres. À la fin, 209 femmes entrepreneures ont reçu du projet, pour lancer leur activité, des appuis de 2500 euros.
Le Ministre Younes Sekkouri a relevé l'importance de ce projet du fait de son option circulaire et qui met l'être humain au centre des préoccupations. Il a émis par ailleurs le vœu qu'il soit plus inclusif, impératif, en tenant aussi compte des besoins des pays bénéficiaires en qualité de main-d'œuvre qualifiée. En réalité, le Maroc s'ouvre au monde entier et se capacite dans la Data, l'intelligence artificielle ou les technologies innovantes. Se résumant, le MIEPEEC pense que le WAFIRA2 devrait être plus inclusif et impactant. Une vision partagée par la Ministre Elma Saiz Delgado d'Espagne rappelle en mots les vertus de solidarité, d'inclusion et d'engagement vers des sociétés plus justes. La gestion de la migration a vraiment pris un sens depuis un quart de siècle avec des accords bilatéraux qui ont facilité la mobilité de plus de 18 000 marocains, vers son pays, en ce qu'elle appelle "mobilité de main-d'œuvre". Des faits ayant ouvert la voie à l'indépendance économique des migrants qui apportent à l'Espagne des compétences techniques. Elle a salué la réussite de ces 209 femmes symboles de la résilience, du courage et de la détermination. Elle a dit que ce n'est pas la fin du voyage et enjoint l'Union Européenne ainsi que l'OIT ainsi que les organismes sous-tutelle comme l'ANAPEC (Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi et des Compétences), à la phase 2 du WAFIRA. Elle est convaincue, selon sa propre expression, que la volonté politique peut transformer des réalités, booster la migration légale comme moteur de changement parce que l'humain doit être au centre de toutes les stratégies de mobilité.
L''Ambassadrice Patricia Llonbart de l'UE pour sa part trouve qu'il faudrait élargir "success story" à d'autres pays africains tout en inscrivant dans l'histoire le Maroc et l'Espagne comme piliers de cette initiative. L'initiative de la "migration circulaire avantageuse pour les migrants et les pays bénéficiaires". Elle est allée au profond de sa pensée, déclarant que la migration est gérable, élaguant la considération selon laquelle l'Europe est forteresse contre l'Afrique. Elle invite en dernier ressort les entreprises européennes, les organisations syndicales et les mécènes à soutenir ce projet. Elle a communiqué plusieurs chiffres repris par Mme Gladys Cisneros de l'OIT. Des plus importantes, sauf erreur de compréhension, on retiendra qu'en 2023, 3 millions et 740 titres de séjour ont été délivrés aux citoyens non Européens avec le Maroc en troisième position avec 180000 titres. 36000 aux étudiants, 37000 dans l'emploi. La journée a également connu la phase des photos souvenirs et un panel sur les "leçons apprises du projet WAFIRA et perspectives futures"