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Par Sylvain Timamo
La 39ème session de l'union africaine, qui a réuni les chefs d'état et des gouvernements africains mi-février, s'est déroulée dans un contexte des chocs idéologiques et surtout des défis climatiques. Mais la vraie vedette a été l’eau. Parlons-en donc.
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''Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063'', c'est le thème qui a meublé les échanges et les débats entre les dirigeants africains et les experts du continent invités à réfléchir sur les stratégies a même de résoudre la question de l’accès à l'eau potable et surtout sur la qualité de l'eau que les africains doivent consommer.
En Afrique, près des 400 millions de personnes manquent de l'eau en quantité suffisante et près des 800 millions d'autres n'ont pas d'accès à des services d'hygiène de base. Pourtant, l'eau n'est pas une denrée rare dans le continent avec notamment le bassin du Congo qui est un trésor mondial en eau et en ' eau douce plus particulièrement.
Au moment où la planète connaît une faillite hydrique et où la consommation d'eau dépasse le renouvellement des ressources, l’Afrique ne manque pas d’atouts pour atteindre les objectifs de son agenda 2063.
Avec ses 54 pays, elle abrite 9% des ressources mondiales en eau douce qui en fait un continent bien nanti en eau. Cependant, la gestion de ces ressources demeure encore un grand défi à relever. D'une part, il y a la croissance démographique et d'autre part, les effets des changements climatiques. Les rivières et les lacs sont souvent pollués par des déchets industriels et domestiques. Une situation qui obligent les dirigeants africains à s'accorder sur des politiques transversales à même de conduire à l'assainissement des fleuves, lacs et rivières menacés.
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C'est pourquoi, durant cette 39ème session, les dirigeants ont misé sur des stratégies susceptibles de transformer l'Afrique en fixant un rôle clé à l'eau dans l'optique du développement, de la justice sociale et la stabilité nécessaire du continent.
Dans ce cadre, le conseil des ministres africains de l'eau a proposé l'adoption de la nouvelle '' Vision africaine de l’eau''. Une démarche qui vise à instaurer des mécanismes efficaces de gestion de l'eau et de son assainissement.
Prennant la parole, Evariste Ndayishimiye, président du Burundi et qui a pris la présidence tournante de l'union africaine, a d'emblée mis l'accent sur la nécessité d'offrir des services d'assainissement adéquats en eau potable sure. '' Aujourd'hui encore, des millions d'africains souffrent des problèmes liés à l'approvisionnement en eau. Et, les femmes et les enfants sont les plus concernées, notamment dans les milieux ruraux '', a-t-il souligné.
L'Afrique centrale, un bassin intarissable d'eau douce
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L'Afrique centrale, avec le bassin du Congo, constitue le deuxième bassin hydrographique du monde après l'amazone Des pays de la région possèdent d'énormes réserves en eau douce qui les placent aux avant-postes des stratégies africaines en matière d'accès à l'eau potable sûre. La RD Congo, en tête, le Cameroun, la Guinée-Équatoriale, le Gabon et le Congo constituent une chance pour le continent et doivent jouer un rôle prépondérant. La RD Congo dispose de 900. 000 milliards de mètres cubes d'eau douce suivie du Cameroun qui en compte 273 000 milliards.
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Les réserves cumulées d'eau douce en Afrique centrale constituent ainsi plus de deux-tiers d'eau douce dont disposent le continent africain, un continent dont les nord et l'ouest sont confrontées à l'avancée du désert.
C'est ainsi que les pays de l'Afrique centrale ont mis en place en 2018, à Douala, un cadre de gouvernance des ressources en eau qui vise à relever quatre défis, à savoir : connaissance et gestion des ressources en eau, gouvernance des ressources en eau, mise en valeur des ressources en eau pour le développement socio-économique et financement du secteur de l'eau. Un cadre qui poursuit pour objectif de rendre la gestion ressources en eau viable, équitable et durable afin de contribuer au développement d'une Afrique où l'eau potable ne serait plus une denrée recherchée, notamment par les populations locales.
Le Sénégal et ses autoroutes de l'eau
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Le Sénégal n'a pas beaucoup d'eau mais, il ne manque pas d'ambition en matière de maîtrise et d'approvisionnement en eau. Face à la pénurie de l'eau surtout dans ses zones sahéliennes, les nouvelles autorités ont lancé de nouvelles initiatives, plus particulièrement la création des autoroutes de l'eau. Lancé en octobre 2024, le projet emblématique des Autoroutes de l’Eau incarne la nouvelle vision des autorités qui tiennent à faire de l'eau une ressource essentielle. La première phase de ce projet, déjà opérationnelle, à permis le transfert d'eau du Lac de Guiers vers Dakar et d'autres localités du pays.
Avec ce projet, le Sénégal ouvre la voie à une prospérité partagée, sécurisant ainsi l’approvisionnement en eau potable pour au moins 15 millions de personnes et créant environ 3 millions d’emplois directs et indirects d’ici 2029.
Mohamed MBOYO EY'EKULA et Sylvain Timamo
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