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Par Sylvain Timamo
LA CONAC EPINGLE DES MINISTRES DE LA REPUBLIQUE.
SON PREMIER RAPPORT SUR L'ETAT DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION AU CAMEROUN AU COURS DES ANNEES 2008, 2009 ET 2010 DONNE DES SUEURS FROIDES. DES REVELATIONS TROUBLANTES ET FRACASSANTES.
Ce premier Rapport de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) fait peur. Les informations qu’il contient sont troublantes et vont sans doute faire tomber des têtes. Présenté le 10 novembre 2011 à Yaoundé, aux différentes administrations, organismes internationaux, personnalités diplomatiques et aux médias, le Rapport révèle que près de 180 millions de FCFA ont disparu dans les trésoreries générales dans une vingtaine de postes comptables dans les provinces (actuelles régions) du Littoral, du Nord-Ouest et du Centre.
Le Rapport de la CONAC qui
risque de faire tomber des têtes...
Par ailleurs, plus de 8 milliards de FCFA de déficit enregistrés dans les dix régions du Cameroun, et enfin près de 6 milliards de FCFA de déficit qualifiés de crime contre la fortune publique ont été enregistrés. Au sujet du projet maïs, la mission de vérification des informations relatives au détournement des fonds destinés à l’exécution dudit projet, menée par la CONAC de décembre 2008,à janvier 2009 lui a permis d’établir le détournement de plus de 600 millions de FCFA destinés au projet. La CONAC qui donne ainsi raison à l’ACDIC, précise dans son Rapport, qu’il ya effectivement eu malversation dans la gestion de la subvention allouée aux producteurs dans le cadre du programme national d’appui à la filière maïs du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), un département ministériel que dirige le Vice Premier Ministre Jean Kuété.
Ainsi au sujet de la construction de la route Ayos-Bonis, la CONAC constate l’attribution d’un marché très important à «une entreprise peu fiable», qui « sait jouer de ses relations dans le monde politique et celui de l’administration», et «qui a constamment eu recours à des techniques classiques en matière de travaux publics pour demander et obtenir des avenants successifs, rectifiant toujours à la hausse le marché de base».
Dieudonné Massi Gams, le Président de la
CONAC remet un paquet de Rapports
à Bruno Gain, Ambassadeur de France au
Cameroun. Un signal fort...
La CONAC parle aussi dans ce rapport de « l’unilatéralisme du maître d’ouvrage, c'est-à-dire du ministre des travaux publics, qui a souvent passé outre les compétences des commissions ad hoc, en procédant par la signature des ordres de service aux lieu et place des avenants dont l’intervention est obligatoire en la matière ».Ce Ministre des travaux publics s’appelle Bernard Messengue Avom. Selon le Rapport « les montants de paiement irréguliers à rétrocéder à l’Etat se chiffrent à près de 15 milliards de FCFA. Par rapport au marché de base, le coût de la route Ayos –Bonis sera multiplié presque par trois si la tentative de détournement des 15 milliards devenait effective». Le Rapport indique que «si l’Etat venait à bout des pratiques de corruption actuellement en cours dans les services du ministère des travaux publics, les ressources budgétaires qu’il investit dans la construction des routes seraient suffisantes pour construire trois fois plus de routes de même longueurs et mêmes circonstances ».Par ailleurs, entre le 2 janvier 2008 e le 31 décembre 2010, la CONAC a reçu en matière de corruption,723 requêtes et dénonciations et que pendant ces trois années elle aura instruit 668 cas de corruption.
Et en matière d’infractions assimilées à la corruption, la CONAC déclare avoir reçu au cours de la même période, 298 requêtes et dénonciations relatives au détournement des deniers publics, à la violation des dispositions des marchés publics, à l’intérêt dans un acte, à la concussion, au favoritisme, au trafic d‘influence, à l’enrichissement injustifié, à la participation dans une affaire, à l’abus de fonction et au conflit d’intérêt.
Pire encore, le Rapport dévoile la liste des administrations saisies par la CONAC pour actions ou mesures appropriées. Il s’agit du Ministère de la justice, le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, le Ministère des finances, le ministère des domaines et des affaires foncières, le ministère de l’enseignement supérieur, le ministère de l’éducation de base, le ministère de la santé publique, le ministère des travaux publics, le ministère des transports. Le Rapport mentionne aussi le Secrétariat d’Etat à la défense et la Délégation Générale à la Sûreté Nationale. Maintenant que le Chef de l’Etat a reçu ce Rapport accablant sur la table de son bureau, il n’est pas exclut que des têtes tombent. Et on ne dira pas que Dieudonné Massi Gams, le Président de la CONAC, n’avait pas longtemps prévenu les faussaires.
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